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mars 2024

One Provence

Un manifeste fondateur

Le manifeste de One Provence, la toute jeune agence de marketing territorial au service du rayonnement d’Aix-en-Provence, Marseille et des communes de cette aire métropolitaine, insuffle une cohésion bienvenue à ce territoire.

Par Maurice Gouiran
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Lionel Flasseur et Dominique Bluzet
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La voile aux JO 2024, un des grands rendez-vous de One Provence.

Nous avons rencontré les deux pilotes de cet engagement, le président Dominique Bluzet, directeur des Théâtres du Gymnase, des Bernardines, du Jeu de Paume et du Grand Théâtre de Provence, et le directeur général Lionel Flasseur, président d’Essentiem qui arrive de Lyon où il a été à la tête du programme de marketing territorial OnlyLyon.

 

Pourquoi une agence de marketing territorial ?

LF. Il s’agit de créer un nouvel imaginaire associé à cette métropole et un imaginaire beaucoup plus riche que celui dans lequel on nous a acculés. En Europe les programmes de marketing territorial sont apparus il y a une quinzaine d’années (Amsterdam, Berlin, Lyon…) Aujourd’hui, dans un monde où les territoires se livrent une grande concurrence pour attirer des talents, de la main-d’œuvre, des étudiants et retenir la richesse sous toutes ses formes, il était essentiel pour Aix Marseille Provence de se doter de ce type de structure.

DB. Il faut qu’on arrive à susciter des désirs, donc se décaler par rapport à l’image existante. Il se passe des tas de choses formidables sur ce territoire et on doit en parler, car on est une agence qui fait de la communication à 70 % de son activité.

 

Est-ce une marque ?

DB. One Provence est plus qu’une marque, c’est un outil. Comment raconter ce territoire exceptionnel par bien des aspects ? Il est complexe, à la fois méditerranéen et provençal, urbain et agricole, composé de paysages différents et d’une population issue d’une cinquantaine d’origines. Il est riche de femmes et d’hommes, d’entreprises, d’événements culturels ou de sites célèbres dans le monde entier. Cela nous porte et nous dynamise, cela doit nous rendre fiers et nous donner le sentiment d’appartenir à l’histoire, un sentiment essentiel à un moment où la société craint le déclassement.

LF. Dans le schéma concurrentiel actuel, il y a le savoir-faire et le faire savoir. One Provence est une marque, un outil, une équipe, un programme et un collectif dont le but est de faire savoir nos savoir-faire actuels et futurs dans tous les domaines et de manière transversale.

 

Quel est le rôle de One Provence sur un territoire où existent déjà de nombreuses entités liées aux collectivités territoriales, au monde de l’économie, de la culture, du tourisme ou du sport ?

LF. Le visage global est très hétérogène. Malgré les structures et les agences qui existent depuis longtemps, l’image du territoire n’évolue pas ou a évolué par soubresauts comme pour MP 2013. Il était nécessaire de se préoccuper de l’image globale du territoire, maillon manquant dans la chaîne de l’existant.

DB. Nous échangeons avec tout le monde et réalisons un travail de fond. Positionnés au centre du réseau, nous créons le cheminement entre les différents points et activons un désir d’avenir commun. À cet égard, One Provence n’est ni un donneur d’ordre ni au-dessus des autres. Autour de nous, les gens se mettent en ordre de bataille pour vendre un territoire.

LF. Lors du lancement de One Provence le 17 octobre 2022, tous ceux qui font le territoire, nos partenaires, étaient là. Notre manifeste, notre rêve commun, a été signé par tous les présidents. Un plan d’action très précis et des enjeux ont été définis avec eux.

 

Sur ce dernier point, avez-vous déjà pu concrétiser certaines actions ?

LF. Bien entendu. Notre présence est effective sur l’événementiel, sur les salons SIMI et MIPIM par exemple, mais aussi sur les réseaux sociaux. Nous lançons l’Académie One Provence (un lieu d’apprentissage et de formation permettant à tous les acteurs d’avoir une vision transversale et projetée de ce qui fait l’attrait de la métropole) le 25 janvier ainsi qu’un site internet basé sur l’intelligence artificielle en février.

DB. C’est un travail considérable qui a été réalisé en 10 mois. Pendant 25 ans, ce territoire n’a pas construit d’avenir pour les jeunes. On part donc de très loin et on doit canaliser toutes les énergies émergentes.

 

Le mot de la fin ?

DB. Je l’emprunte à Molière : « Je hais ces cœurs pusillanimes qui pour trop prévoir les suites des choses n’osent plus rien entreprendre » (Les Fourberies de Scapin, 1671).

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