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URBAN GUIDE

À l’affût de bonnes idées et adresses ? Expositions, festivals, concerts, boutiques, collections capsules, restaurants, bars… Toutes les dernières actualités et ouvertures de la Provence sont présentées dans notre rubrique Urban Guide. De quoi découvrir toute la richesse et la diversité du maillage culturel, shopping et gastronomique à tester sans attendre. Les créateurs locaux ont également la parole dans ces pages.

mai 2021
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Gérard Traquandi au bob orange en son atelier. / © Xavier Martinez

Gérard Traquandi

L’art est un pèlerinage

Au départ, il y a l’observation, le dessin, dessiner pour regarder la nature. Un exercice auquel se plie Traquandi sur les pages rayées de ses petits carnets de moleskine.

Par Dominique Juan

La première salle du Musée Cantini est consacrée à ses études accompagnées de quelques aquarelles, nous faisant avancer dans le processus de création. Si cette étape n’existait pas, assure l’artiste, la peinture serait impossible. Plus tard, vient l’atelier, et là il s’agit pour lui de restituer les sensations. Dans la lignée des nabis, Gérard qui regarde Vuillard ou Bonnard va chercher cette spiritualité en s’éloignant toutefois du motif. La couleur, les couleurs l’intéressent. Dans son long exercice, il pratique un vocabulaire qu’il a mis au point, il les superpose, les plaque, les « imprime », les transfère, les additionne, jusqu’au pigment, la transparence, se pliant à des règles dont il s’est doté et qui, loin de le frustrer, lui prêtent une belle liberté. Ses contrastes, de forts à serrés, jouent sur les complémentaires, mais pas que… Il s’agit d’un travail de peinture, une recherche de la lumière qui glisse de plus en plus vers le pâle, les pâles. Un décryptage de l’ambiguïté entre la lumière du tableau et celle qui arrive sur le tableau. Nous croisons ses derniers de très grand format, Jour blanc, Saint Moritz, Clapeyto, Le manine… Traquandi se définit comme maniériste et a pris la peinture en héritage. A parcourir les grandes salles du musée, où parfois le jour jette ses ombres transparentes sur ses subtiles peintures, on se plaît à se remémorer cette belle phrase : « l’art est un pèlerinage ».

The first room in the Musée Cantini is devoted to his sketches and watercolours, which lead us into the creative process. If he didn’t go through this stage, he says, painting would be impossible. Later, in the studio, he sets about recreating his sensations. Traquandi is heir to the Nabi painters, looking to Vuillard or Bonnard, seeking the same spirituality but moving away from the motif. What interests him is colour, and colours. Over the course of his long career he has developed his own artistic vocabulary, superimposing colours, laying them on, «printing» them, transferring them, adding them even as pure pigment, using transparency. He adheres to rules he has laid down for himself and which, far from frustrating him, give him a wonderful freedom. His contrasts, strong or attenuated, play with complementaries, but not only. This is painterly work, a quest for light that’s tending more and more towards soft, pale shades. Deciphering the ambiguity between the light in the painting and the light that falls on it. Traquandi defines himself as a mannerist and has taken painting as his heritage. Touring the museum’s big rooms, where daylight sometimes casts transparent shadows on the subtle paintings, we’re reminded of the saying that “art is a pilgrimage”.

Exposition monographique Ici, Là / One-man show Ici, Là
Jusqu’à octobre 2021
Musée Cantini
19 rue Grignan, Marseille 6e
Tél. 04 91 55 11 11