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PORTRAITS

Ils sont artiste, cheffe étoilée, designer ou apiculteur, pilote automobile ou créatrice de mode. Leur point commun ? Ces personnalités glamour ou au cœur de la vie culturelle, économique et sociale régionale sont les moteurs de l’actualité azuréenne. Découvrez sans filtre le témoignage de leur parcours, leurs rêves, leurs ambitions et leurs projets à venir.

décembre 2021

Corinne Versini

  • Prix Leadership
  • Des encres bien sympathiques !
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Corinne Versini, créatrice d’encres innovantes.

Chimiste de formation, diplômée de Centrale Marseille et HEC (elle fut même centralienne de l’année), Corinne Versini entame sa carrière chez Rhône-Poulenc avant de passer chez IBM et STMicroelectronics. L’informatique succède ainsi à la chimie. Son objectif de mettre de l’éthique et de la morale dans le domaine des sciences dures se concrétise en 2009, lorsqu’elle crée une société spécialisée dans les encres numériques, les écrans souples et les matériaux pour les produits connectés. Il s’agit de rompre avec les techniques de production lourdes et polluantes. Ce choix est le fruit de deux réflexions étroitement imbriquées : que peut-on faire pour être utile à la planète, mais également pour lutter contre l’inégalité entre les hommes et les femmes.
Pour répondre à la première, sa quarantaine d’encres conductrices ou semi-conductrices, à base de nanoparticules hybrides sont destinées à remplacer les métaux rares. Après son passage à STMicroelectronics, il n’était pas question pour elle de réaliser des chips. Très prisées par l’électronique traditionnelle, ces dernières induisent des coûts environnementaux et humains démesurés et entraînent notre dépendance puisque les terres rares sont extraites (souvent par des enfants) en Chine, en Australie ou en Amérique du Sud, mais jamais en Europe. A cet égard, le savoir-faire de la société de Rousset s’avère stratégique avec des technologies permettant une économie, une diminution des nuisances écologiques et, pourquoi pas, le remplacement à terme des terres rares. Pour répondre à la seconde, elle a instauré un management d’égalité femmes-hommes. Elle s’évertue à mettre en place des opportunités afin que celles qui le souhaitent puissent progresser et, pourquoi pas, prendre le pouvoir. En faisant reposer sa vision business sur un leadership technique reconnu au niveau mondial, Corinne Versini a manifestement une longueur d’avance sur la concurrence. La pertinence de cette conception est d’ailleurs largement appréciée : au printemps dernier, elle a reçu le grand prix 2021 des « 10 000 start-up pour changer le monde » dans la catégorie Industrie du futur, au Grand Rex de Paris. C’est une reconnaissance de la part des professionnels et des journalistes spécialisés et un trophée qui va servir à faire avancer les choses…

Par Maurice Gouiran

Localisation : Rousset (13) - Création : 2010 - Activité : matières premières pour électronique - Président du CA : Alain Lunati - Directrice générale : Corinne Versini - Capital social : 300 000 € - Collaborateurs : 17

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Un des labos de Genes’Ink.

Genes’Ink

L’entreprise innove en préférant les réalisations disruptives (pour lesquelles tout démarre d’une page blanche) aux réalisations incrémentales. Avec un indéniable succès, puisque la société a déposé 60 brevets internationaux destinés à protéger ses inventions. Elle développe de nouvelles filières pour des produits qui utilisent actuellement des métaux et des terres rares. L’exemple de l’indium est édifiant. Ce métal, composant principal de l’ITO (utilisé pour l’électrode transparente insérée dans les écrans de smartphones) est essentiellement produit en Chine et en Corée du Sud. Genes’Ink est la seule entreprise européenne – l’une des 4 mondiales – à pouvoir fabriquer des électrodes transparentes sans indium. Mais l’indium n’est qu’un exemple tant le champ d’application est illimité. IDTechEx estime que le marché international de l’électronique organique, imprimée et flexible devrait atteindre environ 70 milliards de dollars en 2026 (contre 26,5 milliards en 2016). Dans l’industrie 4.0 et les contraintes environnementales de demain, Genes’Ink se forge donc un bel avenir. N’est-ce pas pour cela que la société a ouvert deux bureaux au Japon et à Taïwan, en Asie où se trouve le marché principal ?