Portraits

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Maryline Bellieud-Vigouroux, l'égérie de la mode en Méditerranée.

Maryline Bellieud-Vigouroux, Simon Porte Jacquemus

  • Pouvoirs de passation

02.2020

« Faire de Marseille une ville de mode où celle-ci s'exprime de manière différente. » Tel est l'engagement que Maryline Bellieud-Vigouroux nourrit sans relâche depuis la fin des années 80. Utopique diront certains, et pourtant... « Trente ans au taquet depuis la première exposition Chanel au château Borely en 1989, se souvient Maryline avec émotion. Tout a commencé à cette époque-là. En effet, forte de mes convictions mais surtout de ma position d'épouse de maire, j'ai pris mon bâton de pèlerin et suis partie à la chasse aux subventions, aux mécénats mais aussi à la rencontre de personnalités influentes, politiques et du milieu de la mode. C'est ainsi qu'est née en 1988 la Maison Mode Méditerranée devenue au fil des ans l’incubateur incontournable de la filière mode internationale installée à Marseille. » Mais sa plus belle réussite réside sans doute dans la création du musée de la Mode sur la Canebière, qui d'ailleurs comme un retour aux sources vient de retrouver les marqueteries du château Borely. Plus récemment, comment ne pas évoquer cet autre challenge avec le Festival OpenMyMed et son OpenMyMed Prize, concours qui existe depuis 2010 et ouvert à 22 pays méditerranéens et africains ?

Simon Porte Jacquemus, le provençal
Au-delà de toutes ces réalisations dédiées à l'art de s'apprêter, il y a l'humain. Et c'est dans ce pur esprit de transmission que Maryline n'a eu de cesse de fédérer les grands couturiers autour de sa cause et de promouvoir les jeunes talents. Parmi eux, choisissons d'évoquer Simon Porte Jacquemus, rencontré il y a quelques années. « Tout d'abord, parce qu'il est extrêmement talentueux, atypique et attachant, mais aussi parce que cet autodidacte originaire de Mallemort a eu l'audace et le génie de présenter ses collections à Marseille – notamment Les santons de Provence (printemps-été 2017) et sa première collection Homme en 2018 – dans des lieux aussi insolites que la calanque de Sormiou ou encore sur la passerelle du Mucem. J'aime par-dessus tout son côté solaire, son imagination, le ton très expressif de son prêt-à-porter couture. Toutes ses créations respirent de manière singulière la Provence, sans clichés. » Et de conclure : « J'estime avoir eu de la chance. J'ai toujours eu le sentiment d'être entourée de bienveillance dans chacune de mes entreprises. Chez moi, c'est l'instinct qui domine et cela ne m'a jamais trompée. »

Par Louis Badie