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VIVRE SA VILLE

De la création de produits originaux aux nouvelles technologies de l’information et la communication, les entreprises azuréennes sont un véritable atout de la région. Economie, banque, immobilier, urbanisme, architecture… cette rubrique se place au plus près des initiatives et transformations de nos villes. Ici, le concours ArchiCOTE vient également tous les ans récompenser les projets d’architectes les plus engagés et inscrits dans leur territoire.

mai 2022

La Bastide Rouge

  • Booster le cinéma et la création azuréenne
  • Avec ses nouveaux équipements implantés à Cannes-la-Bocca, la Ville de Cannes déploie les grands moyens pour être présente de la conception à la diffusion d’images pour petit et grand écran.
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Le Campus Méliès signé par l'architecte Christophe Gulizzi et ses stries de béton. © Agglomération Cannes Lérins
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Outre ses vingt-deux salles de cours, le campus abrite de vastes espaces communs. © Wearecontents
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Les couleurs subtiles de l'écran de la Salle Aurore au Cineum Cannes.

Tandis que le Festival de Cannes bat son plein sur la Croisette, avec comme présidente Iris Knobloch – première femme à occuper ce poste en 75 ans ! – c’est aussi en coulisses un tout nouveau chapitre qui semble s’écrire. Si la Ville accueille toute l’année des salons dédiés comme le MIPTV, le MIPCOM ou CANNESERIES, elle porte aussi une ambition : le projet « Cannes on Air ». Son objectif ? Doter le territoire de tous les maillons de la chaîne de conception de contenus audiovisuels, de la formation de professionnels à la patrimonialisation, avec le futur grand musée du cinéma qui devrait voir le jour en 2028. Pour commencer, c’est donc sur le site de la Bastide Rouge à Cannes-la-Bocca, qui doit son nom à la pépinière d’entreprises qui y a été installée dès 2014, que de nouvelles infrastructures ont été inaugurées. Ce nouveau technopôle dédié à l’image et aux industries créatives, d’une superficie de 4 ha, accueille désormais un Cineum, cinéma multiplexe de 2 400 places conçu par Rudy Ricciotti, ainsi que tout le Campus Georges-Méliès imaginé par Christophe Gulizzi. Deux architectures de béton imposantes, qui viennent redynamiser visuellement un quartier marqué par la forte circulation de ses axes routiers et les vastes commerces de la zone industrielle des Tourrades.

PLUS DE MILLE ÉTUDIANTS ET QUINZE ENTREPRISES
Avec ses rangées de lignes dentelées, le Campus Georges-Méliès fourmille d’étudiants depuis la rentrée de septembre 2021. Si la construction de bâtiments universitaires relève normalement de la compétence de l’Etat, ce sont ici pour la petite histoire la Communauté d’agglomération Cannes Lérins et la Ville de Cannes qui ont financé en majorité du projet, et déboursé 32,2 millions d’euros. Un campus réunissant près de 35 formations, du bac au bac +8, en lien avec l’image, le son, l’écriture de scénario, les jeux-vidéos et plus encore, géré par l’Université Côte d’Azur avec ses partenaires comme l’Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle (ESRA) ou l’École Supérieure de Danse de Cannes Rosella Hightower. L’un des leitmotivs de l’établissement, qui porte fièrement le nom d’un des pères du cinéma moderne ? « Créer des passerelles entre les étudiants et le monde de l’entreprise, en abritant la Cité des Entreprises et l’Université du Cinéma sous le même toit », s’enthousiasme Marie Junk, directrice des Projets universitaires de la Mairie de Cannes. Quinze sociétés et start-up dans l’audiovisuel ont donc déjà élu domicile sur place, comme Adastra Films, réalisant des courts et longs métrages, ou Azur 360, spécialiste des films publicitaires. Et d’ajouter : « Il y a aussi des studios de tournage, de montage et de mixage qui peuvent être loués, et c’est un atout pour les sociétés de savoir qu’elles peuvent trouver sur place un régisseur, un cameraman, des équipes de professionnels. »

AU CINEUM, UNE EXPÉRIENCE IMMERSIVE
A terme, le site abritera aussi une résidence étudiante et l’on peut déjà retrouver sur place le Cineum à deux pas du campus. Si les amateurs de cinéma d’art et d’essai connaissent Les Arcades, rue d’Antibes, c’est le même acteur indépendant des grands réseaux, la Compagnie Cinématographique de Cannes, qui gère désormais les salles nichées dans l’architecture de Ricciotti, semblable à une élégante pierre à facettes. Occupant les trois derniers étages, ce cinéma est équipé des dernières technologies innovantes : son immersif, projection 100 % laser, avec douze salles dont des premiums comme la grande IMAX de 513 places, la Screen X avec ses trois écrans pour un film à 270° et la petite dernière, la Lodge pour à peine 54 spectateurs. Là, ce n’est pas compliqué, on est mieux installé qu’en classe affaires en avion, allongé totalement dans son siège pour regarder son film. Bref, de quoi faire du cinéma une vraie expérience à l’heure du streaming sur ordinateur, sachant qu’avec le Cineum, Cannes double sa capacité en matière de salles de ciné. Ici, on prévoit même désormais des retransmissions d’opéra, des conférences sur la culture et des expos d’art au rez-de-chaussée dont le premier invité n’est autre que Miguel Chevalier. De nouveaux établissements donc, multipolaires.

Par Tanja Stojanov

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Au Cineum Cannes, la Salle Screen X et ses trois écrans.
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Le célèbre Cours Florent dans les studios niçois.

LA VICTORINE NICE

soutenir les auteurs de demain

Si la Ville de Cannes s’est dotée de studios modernes pour accompagner les jeunes entreprises liées au secteur audiovisuel orientées vers la publicité, le streaming et les formats courts à la Bastide Rouge, la Ville de Nice dispose également quant à elle de grands plateaux de tournages centenaires. Face à la concurrence de Marseille, de Barcelone et évidemment de Paris, elle entend bien donner une nouvelle envergure à ses studios mythiques, repris en régie depuis 2017 et dont le renouveau est désormais engagé. Dans le cadre du développement de son pôle formation, elle a ainsi lancé un tout nouveau partenariat avec le Cours Florent, permettant de proposer des stages d’initiation et de perfectionnement aux pratiques actorales au cinéma à la Victorine, en collaboration avec le Conservatoire de Nice. Et depuis l’automne 2021, c’est aussi l’Ecole nationale supérieure Louis-Lumière qui propose ici des stages de formation continue aux métiers de l’audiovisuel et du cinéma, avec un programme de mentorat d’écriture destiné à des scénaristes de longs métrages ! Une façon d’encourager les nouveaux talents français, qui bénéficient des enseignements des profs de cette prestigieuse école de cinéma, de photo et de son, sachant que l’occasion est donnée à Amazon, via son programme Prime Video, d’acquérir les droits des scénarios puis de les développer avec l’auteur.