Portraits

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Angelin Preljocaj à la tête du Ballet éponyme. © Jörg Letz

Angelin Preljocaj, Kaori Ito

  • Ange et aigle à la fois

02.2020

Ce chorégraphe français dont les racines sont au Pays des Aigles, l’Albanie, voit sa reconnaissance à l’international s’affirmer de plus en plus, ses titres honorifiques se multiplient et ses missions aussi. Il nous reçoit avec un sourire qui encourage le partage. Sa vocation est née quand il avait 11 ans devant une photographie de l’icône des Ballets Russes, Rudolf Noureev, dansant entre ciel et terre. Véritable coup de foudre esthétique, cette fusion sublimée de l’image et du corps deviendra sa signature, son style. Formé aux adages, arabesques balancées de la danse classique, Angelin s’initie aussi à la danse contemporaine auprès d’enseignants issus de l’école expressionniste allemande à la Schola Cantorum de Paris. Puis il séjourne à New York et se rapproche de Merce Cunningham qui bouleverse alors toutes les règles du métier. Lauréat du prix Hors les murs de la Villa Médicis, il part un an au Japon étudier les fascinants rituels du théâtre Nô. Créateur de sa propre compagnie, il œuvre dans diverses régions et pays en partenariat avec des chorégraphes, des cinéastes, des stylistes, des plasticiens. Il se fait apprécier et couronner dans des sanctuaires tels que le Palais Garnier, La Scala de Milan, New York City Ballet, le Staatsoper de Berlin, les grands festivals de Bagnolet, de Montpellier, d’Avignon. A la recherche d’un lieu, d’une adresse, Aix-en-Provence l’accueille en 1996 à la Cité du Livre, il devient alors Centre chorégraphique National de la Région du Département et de la Ville. En 2006, l’architecte Rudy Ricciotti conçoit le Pavillon Noir qui devient son atelier, son repaire, son nid.

Danse avec le père
Née en 1979 à Tokyo, Kaori Ito est dans sa jeunesse l’enfant terrible et surdouée de la danse. Après un séjour aux USA, puis à Paris où elle collabore avec les chorégraphes tels que Philippe Decouflé, elle intègre en 2006 le Ballet Preljocaj, puis vole de ses propres ailes. Elle est adulée de son public, reconnue pour son style très personnel, et Angelin voit en elle l’exemple même d’une filiation ouverte et généreuse. Dans un de ses derniers spectacles, elle danse avec son propre père, joli moyen d’assurer le lien entre avant-garde et tradition.

Par Gérard Martin