ART & HORLOGERIE

 

Francois-henry
 

FRANÇOIS-HENRY BENNAHMIAS

  • Le challenger d'Audemars Piguet

05.2014

 

Voilà vingt ans qu’il officie chez Audemars Piguet. Après avoir développé la marque aux quatre coins de la planète, ce passionné de golf – classé 25e au championnat de France – poursuit sa quête de l’excellence. Depuis 2012, il relève un nouveau défi en tant que CEO.

 


Comment se porte la manufacture aujourd’hui ? On pensait que 2013 et 2014 seraient des années transitoires. Pourtant, 2013 a été bien meilleure que prévue. L’idée est d’afficher une croissance contrôlée et de privilégier le qualitatif au quantitatif.

 


Que propose le cru 2014 ? On travaille selon trois axes. Les montres compliquées, comme notre Royal Oak Concept en céramique blanche, qui reçoit un franc succès. Notre force est de livrer très vite. On a aussi peaufiné nos lignes féminines. Enfin, il y a nos collections de base comme la Royal Oak.

 


Une nouvelle campagne, des collections étoffées… Les femmes sont-elles votre priorité ? Elles représentent 25 % de nos ventes. C’est un marché qui explose ! Chez Audemars Piguet, on a toujours créé des montres pour les femmes. On renforce seulement notre communication.

 


Quatre golfeurs ont rejoint Nick Faldo parmi vos ambas­sadeurs… Pourquoi ce sport ? C’est le seul que l’on peut pratiquer à l’échelle mondiale sans demander aux sportifs de se déplacer. D’ailleurs, notre ambassadeur historique, c’est Nick Faldo ! Et je crois beaucoup au talent du Français Victor Dubuisson. Il sort des sentiers battus et ça plaît à nos clients.

 


Autre stratégie de communication : l’art. Pourquoi ce par­tenariat avec Art Basel ? Parce que notre métier, c’est de l’art ! Les artistes, à Miami, Bâle ou Hong Kong, sont épatés par notre souci du détail. Notre nouveau stand rend hommage aux origines, le Brassus dans la vallée de Joux, le berceau d’Audemars Piguet.

 


Parlez-nous du Brassus… C’est ici qu’est née l’horlogerie. Dans cette zone, l’une des plus froides d’Europe, les fermiers ne pouvaient pas sortir en hiver. Ils ont alors commencé à fabriquer des montres. Cette dichotomie entre la vie estivale dans les champs et le quotidien limité au périmètre d’un boîtier, on la vit sur place. Ça n’a pas bougé depuis 140 ans. Ce voyage dans le passé est fascinant.

 


Quel est le profil de vos clients ? On séduit à tout âge. Le bachelier veut une Royal Oak pour célébrer son diplôme. Récemment, un septuagénaire allemand du milieu clérical s’est offert une de nos montres compliquées. L’important est d’évoluer sans cesse pour suivre les attentes de notre clientèle.

 


Et quel est le secret pour rester si moderne ? Il n’y a pas de formule magique. Il faut sentir les signes précurseurs dans tous les domaines… C’est fou de voir que l’horlogerie suscite tant de vocations. C’est un des rares métiers artisanaux qui attire encore les jeunes.

 


Est-ce essentiel d’avoir une icône comme la Royal Oak ? Elle est reconnue comme le design absolu et représente 60 % de nos ventes. Au regard du nombre de marques qui essaient de faire des modèles qui lui ressemblent, on se dit qu’on n’est pas dans le faux. Mais les gens veulent l’originale !

 


Comment envisagez-vous l’avenir ? On est encore loin d’être au sommet. Chaque jour, des novices découvrent l’horlogerie et en tombent amoureux. On prend des risques et on veut faire toujours mieux pour satisfaire les clients pendant des siècles encore.

 


Quelle montre portez-vous aujourd’hui ? C’est un modèle créé pour les 120 ans de la maison et que je n’ai pas pu m’offrir en 1995. Je l’ai acheté aux enchères plus tard. Je défie quiconque de me dire que cette montre a 20 ans, tant elle est moderne !