Vivre sa ville

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Restructuration d'un Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique à Vence : « J’aime redonner une seconde chance aux architectures des années 1960 à 1980. »

Atelier Verbauwen & Associés

  • Repenser les lieux pour mieux vivre ensemble

06.2019

Lauréat du Prix Villa du Concours ArchiCOTE 2018, Patrick Verbauwen met en avant l’humain dans ses projets, que ce soit pour des maisons ou lieux d’accueil de personnes à besoins spécifiques.

Quel a été votre parcours en tant qu’architecte ?
« Après mon diplôme à l’Ecole d’architecture de Saint-Luc à Gand, ma ville natale, je me suis installé à Marseille, où j’ai travaillé 10 ans pour d’autres avant de démarrer mon acti-
vité indépendante et de fonder ma société d’architecture.  J’ai réalisé un certain nombre de projets publics et privés, m’imposant une architecture exigeante. Il est pour moi essentiel de connaître la demande du client de fond en comble et de penser vraiment les lieux pour leurs usages. J’ai pu mettre en œuvre cette démarche en menant des projets dans le monde des soins, notamment pour des publics dits fragiles, comme nos anciens, les personnes souffrant de handicap, de troubles moteurs ou psychologiques. »

Comment pensez-vous l’architecture pour ces établissements collectifs ?
« Eh bien pour le centre Alzheimer que j’ai réalisé à Gap, j’ai d’abord cherché à comprendre cette maladie. Il y a une vingtaine d’années, on faisait dans ce cas des lieux circulaires. J’ai souhaité pour ma part favoriser la mobilité à travers les sens. Une véranda conduit ainsi à un jardin thérapeutique avec fontaine, plantes aromatiques à toucher et fruits des bois à goûter. Plus récemment, j’ai travaillé à la restructuration d’un Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique à Vence, qui accueille des enfants et adolescents. J’aime redonner une seconde chance aux architectures des années 1960 à 1980. Elles sont souvent de bonne facture et cela limite l’impact  environnemental. Pour contribuer au bien-être des résidents, j’ai imaginé des chambres individuelles en plus des dortoirs. Afin de limiter les conflits éventuels, j’ai aussi créé plusieurs petites unités de vie dédiées chaque fois à une dizaine d’enfants, qui peuvent y manger, étudier, jouer ensemble. J’ai voulu ce lieu chaleureux et apaisant, bien qu’il ne puisse jamais remplacer l’intimité familiale. »

Parlez-nous du projet primé, la villa à ossature bois de Forcalquier…
« C’est à la suite d’un appel à la rescousse des clients que j’ai découvert le terrain, aussi improbable que puissant. Il offrait une superbe vue sur le sud du Lubéron mais était inaccessible aux engins de plus de 3,5 tonnes et son sous-sol médiéval était plein de cavités. Le Maire de la commune avait demandé aux propriétaires de se faire oublier, je suis parti de là. En creusant, nous avons en effet trouvé sur place des pierres déjà taillées. Il suffisait de les assembler comme un puzzle pour habiller la maison, cachée derrière un mur de 35 m prolongé par un pont, qui permet d’atteindre la maison d’été et son jardin. La toiture végétalisée de l’habitation principale participe à sa relation forte avec l’environnement. Le but était aussi de la rendre la plus vertueuse possible en matière énergétique. Discret, pensé pour le lieu, ce projet joue une belle partition mineure. Il ne pouvait exister que là ! »

Y a-t-il d’autres réalisations de logements individuels qui vous tiennent à cœur ?
« Oui, je suis en train de terminer une maison en Belgique que j’ai construite de mes mains avec l’aide de proches et plus particulièrement de mon père. Ici encore, il s’agit d’une restructuration avec extension. C’est une construction climatique sur un terrain de 45 m2, qui comporte six niveaux
allant d’un garage à une toiture-terrasse avec vue sur les tours médiévales et le cours de la Lis, qui nous sert de miroir. Une fois de plus, c’est une recherche de volumes plus que de surfaces, d’atmosphères lumineuses dialoguant avec des matériaux privilégiés : le bois, la terre cuite, la pierre et l’acier. »

Atelier Verbauwen
75 rue d'Endoume,
Marseille
Tél. +33 4 91 89 50 94
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Par Tanja Stojanov