Portraits

 

 

 
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 Passionnée par la philosophie tibétaine, Tara est partie approfondir ses connaissances auprès des plus grands maîtres spirituels. Elle s'implique également dans les associations humanitaires Drupka et Live to Love au Népal.

Tara Deva

  • Soigner le corps par l’esprit

09.2018

Depuis 20 ans, cette initiée à la sagesse tibétaine consacre sa vie au bien-être de « l’Être ».

C’est l’histoire d’une femme dont la vie a basculé il y a vingt ans. Une femme habituée des podiums de haute couture qu’elle fréquentait en tant que créatrice de mode. Une vie faite de plaisirs. Puis, un soir, c’est l’agression dans une rue parisienne. Rapide, subite, violente. À l’arme blanche. Son sang-froid la sauvera. « J’ai dit à mon agresseur que je n’avais pas peur de mourir et si ça doit arriver, je le ferai dignement. » L’homme tournera les talons. Là où d’autres auraient vécu cette situation comme un drame traumatisant, Tara s’en souvient comme d’une magnifique opportunité. « Je suis sortie de cet événement totalement renforcée et convaincue d’avoir passé trop de temps à m’amuser dans un monde matérialiste. J’ai compris l’impermanence des choses. Cela m’a réveillée d’une sorte de torpeur. » À partir de ce jour, elle n’aura de cesse de donner un sens réel à sa vie. Comment ? En approfondissant la voie qu’elle suivait de manière personnelle, presque en dilettante. Le hasard n’existe pas… « Depuis ma naissance, j’ai toujours été, grâce à mes parents – je suis issue d’une famille de Mandarins-Vietnamiens – entourée par des maîtres de sagesse. Des êtres porteurs d’une très belle dimension, qu’elle soit humaine, spirituelle, religieuse ou même laïque. »

Agir sur les émotions
Elle empruntera donc le chemin tracé par la philosophie tibétaine et ses ensei­gnements. Dans cette démarche, elle sera initiée au Mystère par de grands maîtres reconnus, comme Kalou Rinpoché et sa sainteté le 12e Gyalwang Drukpa, leader spirituel de la branche Drukpa, école majeure de la tradition Kagyupa du bouddhisme tibétain. Auprès d’eux, elle acquiert différentes techniques de méditation, de concentration, de maîtrise de soi, fondées sur les disciplines énergétiques du corps et du mental. Tara – pseudonyme pris en hommage à la déesse tibétaine qui aide les Hommes à dépasser les obstacles de la vie – venait de naître. Résumer en quelques lignes ses techniques de guérison et ses domaines d’intervention est illusoire, tant sa discipline fait appel au subtil et demande d’être vécue pour en mesurer les résultats. Mais on peut tenter d’expliquer un principe fort : pour soigner le corps, il faut agir avant sur les émotions. Le principe est clair. Notre corps accumule toute la mémoire de nos émotions reçues depuis notre naissance. Les négatives (peur, angoisse, peine…) vont s’accumuler et marquer nos cellu­les jusqu’à constituer des nœuds psychiques responsables de stress et d’anxiété. Le rôle de Tara sera de décrypter cette charge émotionnelle en travaillant sur nos centres énergétiques afin de faire un « reset » – dépro­grammer cette souffrance – pour que l’Être se régénère. On parle ici de mémoire cellulaire, que l’on associe à l’épigénétique, l’étude de l’impact – réel et prouvé – de nos émotions sur nos gènes. Deux disciplines pour lesquelles le Collège de France a inauguré en 2013 une chaire spécialisée et dirigée par la généticienne de réputation mondiale, Edith Heard*. Honorée du prix Inserm 2017 pour ses travaux, elle prendra la tête l'année prochaine de l'European Molecular Biology Laboratory. Quand la science moderne rejoint la tradition ancestrale…

Par Alexandre Benoist