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L’audace

  • en héritage

04.2016

Issue d’une tradition millénaire, la joaillerie italienne brille de mille feux sur les tapis rouges. Variations autour de la couleur, de l’extravagance et du volume.

 

Cela s’est passé lors du 24e dîner annuel des Oscars en faveur de la fondation Elton John Aids à Los Angeles. L’actrice Hilary Swank a surpris l’assistance en cédant, au profit de la lutte contre le sida, sa magnifique bague Serpenti de Bulgari. Les convives pouvaient également s’offrir ce soir-là l’un des bijoux « offerts » par la célèbre maison italienne, nouveau partenaire de la fondation. Pas étonnant que la vente aux enchères ait rapporté la somme record de 6,23 millions de dollars !

 

Hollywood en ligne de mire
En Italie, on travaille l’or et les pierres précieuses depuis plus de trois millénaires. Les Étrusques fabriquaient déjà des bijoux d’une modernité épatante. L’Antiquité gréco-romaine et la Renaissance ne feront que confirmer ces savoir-faire. Virtuoses, les joailliers italiens ont de ce fait conquis les stars hollywoodiennes. Et pour cause ! Couleurs à haute dose, sensualité exacerbée et volumes osés, leurs parures s’accordent à merveille aux cascades soyeuses de la haute couture. Depuis 1884, Bulgari illustre les sagas familiales qui marquent l’histoire joaillière transalpine. Elizabeth Taylor confirme dans son livre My Love Affair with Jewelry : « Un des plus grands avantages à travailler sur le tournage de Cléopâtre à Rome fut la jolie boutique Bulgari. Je rendais régulièrement visite à Gianni Bulgari l’après-midi... »

 

Des montages audacieux
Issu d’une lignée d’orfèvres, Sotirio Bulgari compte très vite une clientèle internationale en s’installant dans les stations touristiques. Ses fils relèveront un autre défi : inventer le style Bulgari, en s’éloignant de l’école française pour mêler classicisme gréco-romain, Renaissance italienne et École romaine d’orfèvrerie du XIXe siècle. Rachetée par LVMH, la maison pare toujours les plus grandes stars. Également des plus belles fêtes, Pasquale Bruni écrit son histoire familiale depuis 1976. Comment résister à sa nouvelle collection Giardini Segreti en hommage aux jardins intérieurs de Milan, bâtie autour de motifs floraux, ou encore à sa ligne Lady Taj, qui décline des bagues cocktail en éclats de saphir, topaze, cornaline ou agate. Familiales aussi, les maisons Damiani et Repossi s’exportent aisément. Fondées dans les années 20, elles ont connu un incroyable essor grâce à un créateur original capable de sublimer les pierres d’exception au moyen de montages audacieux. Quand la maison Damiani est choisie par Brad Pitt pour dessiner la bague de fiançailles d’Angelina Jolie, Repossi attire les it-girls comme Emma Watson, Keira Knightley ou Emma Stone.

 

Des bijoux « prêt-à-porter »
Après avoir séduit tout le gotha, Repossi ravit la jeunesse dorée. Comment ? Grâce au talent de Gaïa, l’héritière de l’empire, petite-fille du fondateur et directrice artistique de la marque. LVMH est récemment entré au capital pour accélérer son développement. La dernière collection, Agrafe, s’accommode aussi bien d’un look casual chic que d'une robe du soir. Car il est là le secret des bijoux italiens : le para­doxe. Plus exubérants, ils sont aussi plus faciles à porter ! À ses collec­tions de haute joaillerie, Bulgari a su ajouter des lignes à plus large diffusion (Tubogas, XL, B.Zero1...). Pomellato se lance dans l’aventure de la « joaillerie prêt-à-porter » dès 1967. Son credo ? Accorder ses bijoux aux tendances de la mode. Elle innove aussi en créant des pièces ludiques à l’instar des bagues Nudo que les femmes portent par deux ou trois dans un joyeux mélange de couleurs. Ce best-seller se décline à l’infini pour susciter toujours la convoitise... Mamma mia, che bella !