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 style Italien
 

Le style italien :

  • toute une histoire !

04.2016

La mode transalpine impose son style aux quatre coins de la planète. Décryptage d’un look unique, avant-gardiste et sans entraves, né à la fin du XIXe siècle.

 

Maille pour Missoni, accessoires de haute facture chez Gucci, silhouette visionnaire dessinée par Miuccia Prada, fourrures de légende arborées chez Fendi, sur-mesure signé Smalto... Porté par le cinéma des années 50, par le latin lover puis la bomba latina les décennies suivantes, le style transalpin continue de faire de nombreux émules. L’engouement pour la fashion week de Milan est là pour en attester. Créée en 1958, elle se démarque des autres capitales de la mode par la précision de ses coupes et la qualité de ses étoffes. Mais attention : le style à l’italienne existait bien avant.

 

Savoir-faire et intuition
Dès la fin du XIXe siècle, une école de tailleurs milanais attire les élégants qui viennent commander cos­tumes et chemises dans les ateliers où rigueur et savoir-faire sont de mise. Le leitmotiv ? Sobriété et qualité au service de la coupe. Champions d’un classicisme moderniste, ces artisans acquièrent une renommée mondiale à l’instar d’Ermenegildo Zegna – maison fondée en 1910 – qui poursuit aujourd’hui son ascension grâce à son tout nouveau directeur artistique, Alessandro Sartori. Les Italiens ont plusieurs cordes à leur arc. Pragmatiques, ils ont le flair pour capter la tendance et l’adapter à leur savoir-faire atavique. Dans cet exercice de style, Miuccia Prada excelle ! Ses silhouettes originales ne ressemblent à aucune autre. Pourtant, elles sont très vite imitées par les grandes enseignes. Toujours avant-gardiste, la créatrice insuffle, cette saison, sa joie de vivre et son exubérance. Les mots-clés ? Prince de Galles, jupes transparentes, détails précieux, larges rayures, manteaux en astrakan ou étoffes en 3D sculptées de
sequins... Cette folie douce se retrouve chez Miu Miu, où le vestiaire féminin bouscule les codes : dessous-
dessus, grandes étoles fluo, pied-de-poule revisité, manteaux oversized et clins d’œil sportwear. Vous l’aurez compris : le style italien n’a pas fini de nous faire rêver. En mars, la griffe Blumarine a attiré de nombreuses stars à l’occasion de la réouverture de sa boutique de l’avenue Montaigne. Olivia Palermo, Kelly Rowland, Eva Doll ou Zuo An Xiao étaient venues découvrir la collection poétique et délicate d’Anna Molinari.

 

Casual chic et sport couture
Autre prouesse des Italiens : avoir inventé la notion de casual chic bien avant l’heure ! Dès les années 50, Emilio Pucci et Salvatore Ferragamo en font leur fer de lance. En inventant une maille colorée, la maison Missoni connaît un succès mondial. Aujourd’hui, l’euphorie dure toujours en color block, verticaux, horizontaux ou en zigzag. Angela Missoni puise son inspiration du côté de l’Afrique. Pantalons larges, robes longues, perles Massaï, maillot de foot et imprimés tribaux transposent le style de la griffe dans d’autres contrées. Chez Valentino, Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli, nous invitent aussi à l’évasion en faisant défiler une armée de guerrières au look tribal.

Parmi ses adeptes, Giorgio Armani compte les plus belles femmes du monde. Sur le tapis rouge des Oscars, Cate Blanchett brillait de mille feux. Même Leonardo DiCaprio, enfin récompensé, avait choisi un costume du couturier italien. Plus abordable, sa ligne Emporio Armani propose une collection aux accents sportswear qui séduira les plus jeunes. Le corps et les gestes libérés, les fashionistas apprécient la fluidité des lignes et l’ampleur des volumes. Bloomers en cuir, sacs bowling et millefeuilles d’organza, Monsieur Armani sait parler aux femmes d’aujourd’hui. Féminité, oui, mais sans entraves. Même aisance chez Fendi où Karl Lagerfeld officie depuis 1965. La collection s’articule autour du rouge ou blanc, des minijupes boules, des ornements fleuris et des détails python... Depuis 2000, la griffe Ermanno Scervino invente un luxe iconoclaste autour d’un concept, la sport couture, représentée par sa nouvelle égérie, Elisa Sednaoui. Shooté par Peter Lindbergh, le mannequin et actrice franco-italienne incarne à merveille la collection sensuelle, en mikado et dentelle. Une vraie madone...

 

Sur les pas du glamour italien...
Si beaucoup de maisons cultivent tout un art de vivre, d’autres préfèrent se concentrer sur un secteur précis. C’est le cas de Moncler, entreprise française devenue italienne, qui a fait sa renommée sur ses luxueuses doudounes. La maison Malo, elle, née en Toscane dans les années 70, se consacre à la douceur du cachemire tandis que Furla s’adonne avec bonheur à la maroquinerie. Voilà plus d’un siècle que Baldinini a choisi de chausser toutes les femmes. Chaque jour, 500 paires de souliers sont fabriquées à la main dans les ateliers de San Mauro Pascoli. Outre les espaces de design, fabrication ou vente, un café et un restaurant accueillent la clientèle internationale. Plus élitiste, la collection capsule Gimmy Baldinini fait démonstration de l’exigence de la maison. Façonnées comme des sculptures, les chaussures se parent de double-satin frangé, de dentelle Chantilly, de cristaux Swarovski, de kangourou craquelé, de micropaillettes... Anticiper les tendances et les désirs des femmes... Tel est le défi tenu depuis 1958 par la maison Casadei. Cette saison, ses stilettos made in Italy s’emparent de la palette douce, des reflets irisés ou imprimés python qui sévissent dans les garde-robes trendy. Parmi les chausseurs stars, aux côtés de Sergio Rossi, René Caovilla ou Cesare Paciotti, Giuseppe Zanotti a su se faire une place au soleil de la hype. Néodandies et it-girls ont vu dans ses souliers sport chic, rock ou pop, le meilleur moyen de se démarquer. Cette saison, ces messieurs ne résistent pas à ses mocassins à l’effigie de l’incontournable Smiley, tandis que les élégantes se perchent aisément sur ses escarpins à chaîne Samantha. Quand elles ne succombent pas au glam’ des modèles à paillettes Emmanuelle...