Special italie

 
 intro okitalie
 

L’Italie

  • en mode conquête

04.2016

L’économie transalpine connaît une nouvelle période de croissance, qui profite au secteur du luxe et du way of life made in Italy.

 

En mars dernier, Campari absorbait Grand Marnier, fleuron international du good taste made in France. Un mois avant, Lavazza avalait Carte Noire, numéro 1 du café dans l’Hexagone. Et que dire du groupe italien Sambonet Paderno Industrie S.p.A, qui rachetait en octobre 2015 les fabricants français de porcelaine de Limoges Raynaud et d’argenterie Ercuis, membre du Comité Colbert, un organe regroupant les 75 marques françaises de luxe les plus prestigieuses. On l’aura compris, l’Italie sort d’une longue période de léthargie et passe en mode conquête. En effet, en récession depuis 2012,
le pays renoue progressivement avec la croissance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 0,8 % en 2015 et entre 1,3 et 1,5 % pour 2016. Un élan qui booste évidemment tous les secteurs qui ont fait de l’Italian way of life une référence internationale.

 

Bulgari ouvre une manufacture de 12 000 m2
En joaillerie par exemple, Bulgari va installer une « usine » aux dimensions pharaoniques. Dans son
dernier communiqué de presse, la marque appartenant à LVMH annonçait qu’au début du deuxième semestre 2016, elle réorganiserait sa production, pour faire de ce site « la plus grande manufacture de joaillerie d’Europe ». La mode n’est pas en reste non plus. En 2014, ce secteur affichait un chiffre d’affaires global de l’ordre de 52,4 milliards d’euros, avec une croissance de 2,7 %. Pour 2015, une nouvelle hausse de 3,8 % est attendue. Pour preuve de cette bonne santé, l’édition 2015 de la Fashion Week de Milan en septembre dernier était placée sous le signe de la reprise. Avec 70 défilés et 83 présentations en showroom, la manifestation affichait 24 % d’événements supplémentaires par rapport à 2014. Surfant sur cette vague d’allégresse, Andrea Illy, président de la fondation Altagamma – l’équivalent su Comité Colbert transalpin – lance cette année un projet qui devrait aboutir à la création d’une formation dédiée au monde du luxe. En 2018, 500 élèves par an sortiront de cette école des arts et métiers basée à Milan, sur le site de l’ancienne Exposition universelle. L’objectif est de créer une véritable « task force » économique liée à un patrimoine.

 

Année record pour l’industrie agroalimentaire
Le patrimoine. Voilà également ce qui explique la bonne santé d’autres marchés, comme celui de la gastronomie. En effet, 2015 a été l’année de tous les records pour l’industrie agroalimentaire, qui a atteint 135 milliards d’euros (+ 7 %) de chiffre d’affaires. Il faut dire que l’émergence d’une nouvelle génération de chefs, comme Cristiano Tomei, Giancarlo Perbellini ou encore Massimo Bottura, porte haut les couleurs de ce pan important de la culture italienne. Une vitalité qui faisait dire à Sergio Lovrinovich, rédacteur en chef du Guide Michelin Italie : « Cette dynamique s’harmonise à merveille avec les “fondamentaux” de notre cuisine, depuis plus de soixante ans : convivialité, attachement au terroir, qualité des ingrédients, traditions familiales. En résumé : la passion. »