Quand la nature inspire…

 
 plantez
 

Plantez le bon décor !


04.2016

La tendance « nature » n’est pas près de faner. Mais attention, en intérieur comme en extérieur, autant faire les bons choix.

 

Comme d’habitude, dès qu’une nouvelle mode comportementale apparaît, elle s’accompagne d’un vocabulaire hyperétudié.
Du « rewilding », terme lancé par le dernier salon Maison & Objet de Paris désignant l’envie de revégétaliser son intérieur, à la « gardenista », une fashionista à la main verte, on se régale ! Nous y voilà ! La plante se taille la part du lion dans les derniers carnets de tendances. Mieux que ça même, elle se boboïse ! Bref, ce qui était ringard hier devient le nec plus ultra aujourd’hui. Évidemment, le mouvement n’est pas récent. Stéphane Marie, l’animateur de Silence ça pousse sur France 5, l’avait compris depuis longtemps, en positionnant le concept de son émission sur un créneau ciblant plutôt les habitués de la rue Oberkampf – artère principale du bobolandisme parisien – que les habitants de Barneville-Carteret, sa ville natale... On est très loin de Michel le jardinier et de ses belles bacchantes. Mais ce n’est pas grave. L’important est de se faire plaisir en mettant en scène son ficus, son philodendron ou son yucca comme une pièce de mobilier signée par un grand designer. Non, vous ne rêvez pas, ces variétés que l’on croyait définitivement reléguées dans un coin du salon de tante Hortense sont les nouvelles stars de nos apparts. Un des dommages collatéraux du phénomène vintage, nous dit-on...

 

Le retour des graminées et des cactées
Tout ça, c’est très bien pour ceux qui ne possèdent pas de jardin, mais pour les heureux propriétaires d’un coin de verdure, l’histoire est différente. « Les plantes d’intérieur ont pratiquement disparu des ventes. » Franck Viale sait de quoi il parle. Lui et sa famille ont créé les Pépinières Saint-Marguerite* en 1990. De quelques arpents de terre, le domaine s’étend aujourd’hui sur 10 hectares et propose pas moins de 2 000 essences différentes pour un total de plus de 100 000 plantes en stock ! La tendance, lui, il l’a très bien vue arriver avec un marché clairement segmenté en deux parties. « Vous avez d’un côté les grandes propriétés qui investissent dans des pièces exceptionnelles. Nous avons par exemple livré cette année un magnolia âgé de 80 ans, d’une hauteur de 12 mètres ! » Et les exemples se multiplient : des palmiers de 23 mètres, des eucalyptus de 13 mètres. « J’ai même un client qui a fait un jardin japonisant où, même au pays du Soleil-Levant, il n’y a pas autant de bonsaïs ! » Une sorte de folie des grandeurs où les bourses les plus aisées se mettent en quête de la perle rare. « Si elle existe, nous la trouverons », précise Franck. Pour les budgets plus raisonnables, la tendance est au jardin de graminées. Couleurs vives, feuillages panachés, lignes graphiques, elles ont les faveurs du public. Les cactus ne sont pas en reste non plus. Le tout, bordé de galets ou de graviers, dans un esprit jardin sec. « Économique en eau et ne nécessitant que peu d’entretien, ce type d’aménagement correspond bien à la logique de développement durable. »