Prenez l'air

 

 

 
 portrait 3

 

Henri Olivier

  • Paysagiste par nature

03.2017

prédestiné de par son nom de famille à évoluer dans l’univers végétal, cet artiste niçois propose une relecture poétique du jardin à travers des sculptures et des installations éphémères. Échappées des galeries et dispersées en installation, ses œuvres, toujours créées in situ, s’attachent à révéler la beauté d’un lieu. Ainsi, fort de sa double expérience de plasticien et de paysagiste, il a marqué de son empreinte de nombreux sites tels que le jardin Serre de la Madone à Menton, où il a installé une écriture spéculaire reflétant la lumière : « Ces lettres de plomb posées au sol invitent à la réflexion et proposent un panorama superbe sur cet éden octogonal et ses nombreux plans d’eau. Ici, l’enjeu était de m’insinuer dans le paysage sans altérer l’unité construite par Johnston. Dans l’objectif de réaliser une œuvre qui n’interviendrait pas en plus, mais plutôt comme révélateur. »* Et si son vocabulaire plastique s’articule autour des notions de ligne, d’horizon, de reflet, et d’ombre, c’est véritablement cette dernière qui s’impose comme le fil rouge de son travail : « J’ai eu l’illumination, si l’on peut dire, en découvrant Tanizaki, un auteur japonais des années 30. J’ai alors compris que dans la culture nippone, entrer dans l’ombre était le meilleur moyen pour aller au cœur des choses. Ce que je fais désormais dans chacune de mes œuvres en jouant sur la lumière. » Comme une réflexion sur la beauté et une invitation à philosopher, son exposition Parcours de l’Ombre est à voir jusqu’au 30 avril au musée Chagall.
www.henriolivier.net

 

Par Marjorie Modi