LA RÉVOLUTION 2.0

 
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Les objets connectés

  • sont parmi nous !

03.2015

Depuis un an, c'est une véritable déferlante. Tendance confirmée encore en janvier dernier au Consumer Electronics Show de Los Angeles. Pour le meilleur... et pour le pire !

 

connaissez-vous Chris Dancy ? Nord-Américain, 45 ans, célibataire, assez beau gosse pour celles et ceux qui aiment le style blondinet. Bref, rien de vraiment détonnant. Sauf que c'est l'homme le plus connecté du monde ! Une multitude de gadgets high-tech récolte et analyse les données de son quotidien – équilibre alimentaire, qualité du sommeil, nombre de pas effectués par jour, taux d'oxygène dans le sang... – pour lui permettre d'optimiser son comportement et mieux comprendre ses besoins. Cette hyperconnexion a transformé sa vie. Ancien obèse, il a perdu 45 kg. Stressé de nature, il est désormais zen comme Bouddha. Cette démarche – on appelle ça le Quantified Self ou le « Moi quantifié » en français – pourrait sembler ridicule tant elle est paroxysmique. Pourtant, elle illustre parfaitement une tendance en pleine explosion : l'utilisation de plus en plus importante des objets connectés, c'est-à-dire capables de recevoir et d'envoyer des informations à un smartphone, une tablette ou un ordinateur à partir d'une liaison sans fil, pour nous assurer une existence plus saine et un bien-être parfaitement paramétré.

 

13 milliards d'objets connectés en 2020
Mais, au-delà de l'aspect santé, c'est l'ensemble de notre environnement immédiat qui est concerné avec, pour but, de nous faciliter la vie au quotidien : piloter son lave-linge Samsung Crystal Blue WW9000, surveiller sa maison avec le GeckoEye, chouchouter ses plantes grâce au Parrot Flower Power, nourrir son chat avec la gamelle Petnet Pintofeed, rester en contact avec ses amis en étant équipé de la montre Samsung Gear, vérifier la température de bébé grâce à la rétine Pacif-i, « tracker » sa valise Bluesmart ou encore rentrer chez soi sans utiliser de clés grâce à Noki... Et tout ça, évidemment, à distance et en quelques clics ! Au dernier CES (Consumer Electronics Show) de Los Angeles, grand-messe de l'innovation high-tech qui se déroule en janvier, les objets connectés étaient encore les stars du salon. Et l'engouement n'est pas près de ralentir. Pour preuve, de récentes prédictions réalisées par le cabinet d'études Gartner estiment que 10 millions de vêtements « intelligents » seront vendus cette année, et 26 millions en 2016.

 

Dans l'œil de Big Brother ?
Ce marché du textile connecté, 34e plan de la reconquête industrielle lancé par la France, pourrait rapporter plus de 1,8 milliard de dollars. D'une manière générale, en 2015 il y aura 2,8 milliards d'objets connectés sur Terre, et 13 milliards en 2020. Un bien, car, selon le baromètre de l'innovation Syntec Numérique-BVA, paru en février 2014, 84 % des Français estiment que c'est un progrès. Mais quand on voit l'apparition de certaines « inno­vations » comme le bracelet Pavlok qui envoie des petites décharges électriques si l'on ne fait pas assez de sport, l'iBag, un sac à main connecté pour acheteuses compulsives qui ne s'ouvre qu'à certains moments de la journée afin de limiter les achats, ou encore la fourchette 10S Fork qui vibre si on mange trop vite, on ne peut que méditer sur cette citation de Georges Bernanos : « Un monde gagné pour la Technique est un monde perdu pour la Liberté ».

 

Par Alexandre Benoist