HORLOGERIE: LE CRU 2015

 
 parmigiani
 

Jean-Marc Jacot

  • Challenger sur tous les fronts

05.2015

Né au Locle, le PDG de Parmigiani Fleurier est un enfant du pays, lié à l'horlogerie et aux métiers artisanaux par sa famille sur plusieurs générations. Depuis 2000, il mène de front diverses missions auprès de la Fondation de la Famille Sandoz dont il est délégué aux affaires horlogères.

 

Quel bilan tirez-vous de l'année écoulée ?
Nous avons eu une année très active. Nous avons notamment fini de mettre en place notre réseau de distribution avec notre dernière filiale au Japon, ce qui nous amène à un total de 11 filiales dans le monde.

 

Quels sont les objectifs de 2015 ?
Nous souhaiterions, au mieux, avoir une croissance de 5 %. L'horlogerie est affectée par la baisse de consommation à Hong Kong, l'un des plus grands marchés, depuis qu'elle a connu ses crises en novembre et décembre derniers.

 

Quelles sont les pièces phares du cru 2015 ?
La Tonda Squelette est notre grande nouveauté. Elle met à nu les attributs et le mécanisme de notre modèle extra-plat. Les ponts et platines
du calibre PF705 ont été ajourés et décorés. Cela nécessite 40 heures de travail de décoration par pièce ! La Toric Lépine, une pendulette de table, est notre objet d'art. La montre à gousset se fixe au cœur de l'habillage en cristal, réalisé par Lalique. Enfin, les pendules Soleil de Gaïa et Serpent, menées par Parmigiani Fleurier et Lalique, reflètent la fusion de la haute horlogerie avec le savoir-faire joaillier et cristallier le plus pur.

 

Vous avez lancé l'an dernier la collection Métro, aux lignes modernes. Quel accueil reçoit-elle ?
Très bon. Elle nous permet d'atteindre une clientèle complémentaire, jeune et citadine. C'est une pièce intemporelle et universelle.

Le pôle horloger de la Fondation Sandoz compte plusieurs sites de fabrication : Les Artisans Boîtiers, Quadrance, Atokalpa...

 

N'est-ce pas trop compliqué de gérer ces différents acteurs ?

Avoir des entités géographiques éloignées ne facilite pas le travail de manière rationnelle. Mais cela nous avantage : nous disposons ainsi d'une main-d'œuvre compétente et épanouie puisqu'elle n'est pas délocalisée à son détriment.

 

À Fleurier ou à la Chaux-de-Fonds, vous évoluez dans un univers un peu hors du temps, dans un décor pittoresque. Comment s'y sent-on au quotidien ?

Il y règne ici une sérénité unique. Le personnel s'identifie à l'histoire de l'horlogerie. C'est la clé de la réussite de notre pari, construire une réelle manufacture de haute horlogerie. Cette sérénité permet à chacun de se focaliser sur son travail et de l'exercer minutieusement. Cette immersion dans le berceau de l'horlogerie démontre deux de nos valeurs fondamentales : l'authenticité et la vérité. Il est hors de question de nous délocaliser pour des questions de marketing ou de prestige. Nos visiteurs en sont conscients et nous en sont reconnaissants.

 

Le documentaire Mesure & Démesure, réalisé par Frédéric Laffont en immersion dans la manu­facture, illustre à merveille ce qu'il se passe dans vos montagnes. Est-ce essentiel de communiquer sur son savoir-faire ?
C'est primordial. Dans un souci de vérité et d'authenticité. Ce film nous permet de mettre en valeur tous les acteurs, essentiels à la qualité du produit. C'est un outil de formation et d'information, qui permet aux clients qui n'ont pas visité nos ateliers de se rendre compte de l'importance et de la qualité du savoir-faire de 50 corps de métier différents.

 

Comment envisagez-vous l'avenir ?
De manière positive. La majeure partie de la population n'a pas encore acquis une montre. Le marché potentiel reste très important et nous disposons d'une énorme capacité de développement dans notre segment. Notre objectif est de continuer notre projet de manufacture horlogère pour être une des marques du segment de l'excel­lence et du 100 % suisse les plus importantes.