HORLOGERIE: LE CRU 2015

 
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Michel Pitteloud

  • Le garant du style Graff Diamonds

05.2015

Fondée en 1960, Graff Diamonds demeure une entreprise familiale. En 2009, le joaillier s'est lancé dans la fabrication de montres. Pour relever ce défi, il a fait appel à une pointure de l'horlogerie, Michel Pitteloup. Rencontre...

 

Comment se porte l'entreprise aujourd'hui ?

L'année 2014 a été bonne, mais 2015 devrait être plus difficile, compte tenu des circonstances mon­diales. Toutefois, nous sommes en phase de développement, avec de belles nouveautés, qui ont connu à Bâle un excellent accueil. Je pense que l'on devrait bien s'en sortir.

 

Quel a été votre parcours ?

Après des débuts à la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH), j'ai eu plusieurs vies. J'ai créé Bulgari Time en tant que CEO dans les années 80, puis je suis passé chez Harry Winston ou encore Corum.

 

Quelle était votre mission en arrivant chez Graff ?

Il fallait créer un projet « haute couture », en gardant cette inspiration du diamant qui fait l'ADN de la maison. C'était un défi. Ça a très bien fonctionné. Depuis 2010, nous imaginons des montres qui s'intègrent dans nos collections de bijoux pour compléter la parure. Les montres Butterfly, par exemple, connaissent un franc succès.

 

En quoi est-ce excitant ?

Mettre un projet en œuvre est stimulant. C'est un peu comme un bébé que l'on accompagne jusqu'à l'âge de la maturité. Nous avons des pièces phénoménales comme Hallucination, en 2014, ou Fascination, cette année. Ce sont des bijoux avant d'être des montres. Elles atteignent des prix dont on n'a jamais entendu parler auparavant.

 

Vos montres ont brillé à Baselword. Est-ce essentiel de mettre en valeur ce savoir-faire joaillier ?
C'est très important ! Nos pièces les plus classiques sont inspirées par la forme du diamant. Nos best-sellers demeurent les montres déclinées des collections de bijoux. En 2015, The Floral Tourbillon illustre à merveille les liens entre les ateliers joailliers de Londres et ceux de Genève. Pour Fascination, il nous a fallu un an de développement. La partie horlogère a été réalisée en 3 mois.

 

Quelles sont les autres nouveautés ?

Nous avons développé un mouvement automatique pour faire danser les papillons de la Disco Butterfly. The Halo Watch, elle, est une montre à secret qui se porte au poignet ou comme une bague. 

 

Les montres masculines se distinguent par un design très fort. Est-ce une stratégie pour vous démarquer ?

On doit être identifiable, sans tomber dans l'extrême. L'idée est de rester dans un certain classicisme. Toutefois, les montres féminines repré­sentent 60 à 65 % de nos ventes. On développe nos modèles masculins afin que l'homme, qui vient acheter un bijou, puisse s'offrir un garde-temps.

 

Vous êtes basé en Suisse. Quel est votre processus de fabrication ?

Nous travaillons avec les sous-traitants les plus prestigieux. On dessine puis on com­mande nos pièces. Mais l'assemblage et le contrôle qualité sont réalisés en interne. Parfois, on développe des calibres maison. On supervise la fabri­cation, en faisant nos remarques et améliorations.

 

Y a-t-il des collectionneurs parmi vos clients ?

Bien sûr ! Nous avons aussi des commandes pour des pièces uniques, qu'on réalise à la demande, dans le respect de nos codes esthétiques.

Dans l'avenir, est-il question de dissocier Graff Luxury Watches de Graff Diamonds ? Non, nous souhaitons rester connectés aux origines joaillières. Les montres demeurent un complément de la parure. D'ailleurs, elles représentent moins de 10 % de nos ventes. Évidemment, on veut faire progresser ce secteur comme l'ensemble du groupe.