Art autrement

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Aujourd'hui, lieu d'exposition, la Villa Cameline, une superbe demeure bourgeoise de 300 m2,
a retrouvé sa prestance, avec sa façade Belle Époque, son perron à la française, sa terrasse à l'italienne et son portail en fer forgé.

Maison Abandonnée

  • « Dialogue de formes, formes de dialogue »

05.2018

Donnant à voir la création actuelle dans un contexte, aux antipodes de la white box, des murs blancs de galeries, la villa accueille l’exposition intime et féconde d’Alex Amann et Ralf Marsault.

Née au début du siècle dernier à Nice, la Villa Cameline a été laissée à l’abandon, taguée, squattée, avant d’être rachetée par François et Hélène Fincker en 2003. « L’idée m’est venue du quartier berlinois de Kreutzberg que j’avais découvert à 18 ans », s’amuse celle qui défend avec conviction les talents émergents de la région. Cette maison, elle en a donc fait un lieu d’exposition qui vit au rythme des tortues, avec des rendez-vous d’avril à octobre. « Rien de nouveau sous le soleil, mais à Nice cela n’existait pas à l’époque. » Dans cette demeure habillée de moulures fleuries, près de 200 artistes se sont déjà succédé, laissant aux murs les traces de leur passage. Sous le commissariat d’exposition d’Hélène Bastais, c’est aujourd’hui un dialogue passionnant qui s’ouvre au cœur de ce lieu atypique : celui du peintre autrichien Alex Amann, qui conduit la figuration vers une forme de rêve, et de l’anthropologue photographe Ralf Marsault. Une rencontre qui crée des ponts entre leurs deux champs artistiques, des portraits aux paysages, en passant par les natures mortes. Un échange autour du vivant et de l’inanimé, qui fait écho au double état dans lequel se trouve la Villa Cameline, présente ici et maintenant, mais aussi arrêtée dans le temps et son histoire. Malgré les diffé­rences apparentes entre la peinture et la photographie, chacun de ces artistes s’attache à rendre le rayonnement des choses plutôt que leur vérité matérielle, dans des mises en scène d’une grande précision. L’exposition témoigne ainsi de l’amitié qui unit ces deux artistes. Et si la villa sert d’écrin à de grandes monographies, son histoire est aussi marquée par des projets collectifs rassemblant des créateurs de tous horizons. Et Hélène Fincker de conclure : « Du cabinet érotique, névrotique, démo­cratique, nous sommes passés au cabinet utopique et ce sera en septembre au tour du cabinet atomique. » L’occasion pour des scientifiques d’investir cette demeure singulière, témoin immobile et animé de tant d’approches, démarches et pratiques artistiques.

« Dialogue de formes, formes de dialogue » :
Du 8 juin au 6 juillet

www.villacameline.com

L’éveil de la Villa Henry
Muséologue de formation, Isabelle Pellegrini a déplacé son métier hors de son champ premier, en faisant de son lieu d’habitation niçois, à deux pas du musée de Terra Amata, un nouvel espace d’expositions déca­lées et d’événements autour de la création contemporaine. Pas étonnant donc que cette passionnée prolifique soit intervenue aussi à La Rosée, à Nice, un EHPAD dont les occupants et visiteurs évoluent aujourd’hui parmi une cinquantaine d’œuvres de Jérôme Robbe, Thierry Lagalla, Sandra D. Lecoq et bien d’autres. Au sein de Matériaux Mixtes, l’association qu’elle a fondée en parallèle avec Elsa Guigo, elle organise désormais des « VisiteSlow » régulières, pour rendre l’art accessible à tous dans des lieux inhabituels, mais égale­ment le rendez-vous « 100TITRES* » chez Bel Œil. L’idée ? Cent œuvres à acquérir, présentées d’abord sans cartel, pour interroger notre rapport réel à la création artistique. La Villa Henry, qui entame aujourd’hui une vie artistique entre carreaux de ciment et fresques anciennes, accueillera pour sa prochaine exposition l’artiste Benoît Grimalt.

* Du 29 juin au 1er juillet
Visites sur rendez-vous
Tél. 06 61 93 02 52
Facebook : La Villa Henry
et materiauxmixtes