ArchiCOTE 2018

 

 

 
 Villa-ArsonIMG_2785.jpg

La Villa Arson, un labyrinthe de béton, de pierres et de plantes entremêlés, qui enchasse l’ancienne demeure  du XIXe siècle. Ce domaine réunit notamment une école et un centre d’art, et une résidence d’artistes.

Michel Marot

  • Et la Villa Arson fut

10.2018

L’architecte de l’école d’art de Nice, également concepteur de Marina-Baie des Anges, a toujours lié avec brio tradition et modernité.

Né en 1926 à Troyes, Michel Marot est entré à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts en 1945. Cinq ans plus tard, il obtient son diplôme d’architecte et complète cet enseignement à la fois par des cours à l'Institut d'urbanisme et sur le terrain, par des voyages en Italie et en Scandinavie. C'est grâce à ce parcours complémentaire qu'il obtient une bourse américaine en 1952 pour suivre un cursus au département d'urbanisme de la School of Design de l'université d'Harvard, aux États-Unis, dirigée par « le maître » Walter Gropius, créateur de la mythique école allemande du Bauhaus en 1919. Il en profite pour visiter les États-Unis et le Mexique. Ce séjour lui permet d'apprécier la complémentarité des enseignements des Beaux-Arts et du Bauhaus. Ce sera justement sa formation classique et son engagement dans une architecture moderne, attentive aux leçons du vernaculaire, qui donnera une touche si particulière à sa démarche. En 1954, il remporte le Grand Prix de Rome : « Il s'agissait d'un centre de recherche africain à Kano, au Nigeria britannique. Mon séjour aux États-Unis m’a permis de maîtriser un programme qui ressemble à un campus universitaire. »

Trente ans de projets
Cette consécration le conduit à passer trois ans à la Villa Médicis, où il concentrera ses années de recherche sur le thème « La couleur et l’architecture ». Selon lui, la composition résulte d’une fonction, d’un volume pour l’accueillir et puis vient la couleur. « Les programmes changent, les volumes changent, seule la couleur peut rester. » Il voyagera ensuite en Espagne, en Grèce, en Turquie et en URSS. Cette période passée à l'étranger lui permettra de développer son goût pour l'urbanisme et l'architecture à travers le monde et sous tous les climats (Chine, Brésil, Afrique…). C'est entre ses séjours à Harvard et à Rome qu'il se verra confier la construction d'une petite église de Champagne, à Fontaine-les-Grès, près de Troyes, où il liera tradition et modernité avec suffisamment de bonheur pour obtenir l'Équerre d’argent. À son retour de Rome en 1959, il s'associe avec son ami Daniel Tremblot et fonde un cabinet composé de sept architectes. Avec cette association, on leur doit des projets d’une grande diversité : églises, hôpitaux, écoles, bureaux, logements, urbanisme, restauration, rénovation. Citons : la Villa Arson à Nice, le siège social de Dumez à la Défense, Marina-Baie des Anges à Villeneuve-Loubet, l’espace Baltard aux Halles à Paris. Au poste d’Architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, il se voit confier la conservation de l'Arc de triomphe et des Archives nationales à Paris, ainsi que de la villa Médicis. « Notre agence a duré trente ans, grâce à des associés choisis pour leurs qualités différentes et complémentaires. Ceci corrobore mon souci d’avoir toujours voulu former des architectes capables de travailler en équipe. Grâce à notre complémentarité, nous avons pu, dans une période florissante, aborder des programmes très variés. »

Par Alexandre Benoist