Culture

 

 

 
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Remise du Prix Montblanc de la Culture, au Muy, le 15 juillet dernier. De gauche à droite : Jean-Sébastien Gérondeau (DG Montblanc France), Bernar Venet, Sam Bardaouil et Till Ferath, directeurs de la Fondation culturelle Montblanc.

Venet

  • Grandeur nature

09.2017

Le 26e Prix Montblanc de la Culture, rarement décerné à un artiste, récompense le Français Bernar Venet au parcours très singulier.

 

Bernar Venet est une exception dans le monde de l’art et saluons la Fondation culturelle Montblanc de nous le rappeler à point nommé. Mi-juillet, en même temps qu’il dévoilait le parc de sculptures agrandi de sa propriété et fondation varoise (4,3 hectares), l’artiste né dans les Alpes-de-Haute-Provence en 1941 se voyait décerner le Prix Montblanc de la Culture Arts Patronage, récompensant depuis 1992 une dizaine de grands mécènes de l’art à travers le monde. Cette année, le jury composé de 44 personnalités internationales – notamment le directeur du Palais de Tokyo Jean de Loisy et l’architecte Odile Decq dans l’équipe française – se distingue en célébrant un artiste par la même occasion (1). Une reconnaissance que la France peine à lui accorder. Sans doute ne lui pardonne-t-on pas son « exil » américain, l’un des rares artistes français à avoir exposé au Château de Versailles (en 2011) a en effet réalisé la majeure partie de sa carrière – plus de cinquante ans – aux États-Unis...

 

Une œuvre d’art totale
L’unique sculpteur français lauréat du prix Lifetime Achievement remis par l’International Sculpture Center à New York est aussi fin connaisseur de l’histoire de l’art et un mécène exceptionnel : sa collection d’art conceptuel et minimal (Donald Judd, Dan Flavin, Carl Andre, Robert Morris, Frank Stella...) est l’une des plus importantes au monde. Son domaine du Muy (2), « une œuvre d’art totale » qu’il embellit avec son épouse Diane depuis 25 ans, est entièrement dédié à ses œuvres monumentales et à celles des artistes de sa collection, devenus des amis pour la plupart. « Peu d’artistes font le pont entre la France et l’Amérique comme Bernar Venet », expliquent Sam Bardaouil et Till Fellrath, directeurs de la Fondation culturelle Montblanc. « Les œuvres que j’ai créées ainsi que celles que j’ai acquises, si j’ai eu, et si j’ai encore, le grand privilège de vivre avec, ne m’appartiennent pas, résume Venet. Elles ont été produites pour des raisons culturelles et, à ce titre, elles appartiennent à tous, au regard, au plaisir et à la connaissance de tous. » Le Prix Montblanc honore cette démarche atypique chez les artistes de cette envergure.

 

(1) Montblanc lui a remis un instrument d’écriture Edition Limitée Mécène fabriqué à la main ainsi que 15 000 € au profit de sa fondation.

(2) Ouvert durant la saison estivale et sur rendez-vous, 365 chemin du Moulin des Serres, Le Muy
venetfoundation.org/fr