Culture

 
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Enki Bilal

  • Artiste hybride

12.2014

Une approche rétrospective et thématique du travail du célèbre dessinateur est présentée à l’Hôtel des Arts de Toulon jusqu’au 4 janvier 2015.



« Je n’ai pas honte de dire que je ressasse les mêmes thèmes depuis toujours » déclarait Enki Bilal à la veille de l’ouverture de l’exposition que lui consacre l’Hôtel des Arts de Toulon. En effet, l’artiste reste égal à lui-même : look et regards sombres, l’enfant de Belgrade né en pleine guerre, débarqué à Paris à dix ans, continue de dépeindre dans ses livres un avenir glauque et anxiogène qui n’est pas si éloigné malheureusement de la réalité. « Je suis persuadé que la partie de ma vie à l’Est a déterminé énormément de choses, sur le plan visuel… Je me souviens encore de mon terrain de jeu criblé de balles. À mon arrivée en France, j’étais déjà chargé de tout cela, sans le savoir. » Son terrain de jeu est par la suite devenu très vaste et sans doute cathartique. La bande dessinée, bien sûr, son domaine de prédilection, qu’il marque de son empreinte dès 1979 avec l’abum de la révélation, Les Phalanges de l’ordre noir. Le dessinateur collectionne depuis les récits chocs et bien construits, comme les succès. Son dernier opus, La Couleur de l’air, 3e volet de sa trilogie futuriste démarrée en 2008, paru en octobre, a affolé la stratosphère BD.

 

Oxymore & More
Un style unique et reconnaissable entre mille, mis au service de tous les arts : Enki Bilal fait des livres, du théâtre, de la peinture, trois films et projette aujourd’hui de porter sur grand écran son album Animal’z mais aussi d’adapter Homo disparitus de l’essayiste américain Alan Weisman. Il y a deux ans, Le Louvre l’invitait pour une carte blanche, et une vente mémorable chez Artcurial a fait de lui un artiste contemporain français très « bankable ». En 2016, Tokyo lui organisera une grande rétrospective dans un lieu encore tenu secret. En attendant, l’exposition de Toulon, « Oxymore & More », fait la part belle au dessinateur en perpétuel mouvement, un « auteur hybride » comme il aime lui-même à se définir, « parce que je suis moi-même, de naissance, un mélange entre une mère tchèque et un père bosniaque. Je multiplie les activités non par pour la notoriété qui ne m’a jamais motivée, mais pour l’expérience, la rencontre, la nouveauté. »

Toulon, Hôtel des Arts,
236 bd Maréchal Leclerc – Tél. 04 83 95 18 40
www.hdatoulon.fr

 


Par Mireille Sartore