Portraits

 

 

JLVERNA photo Marian Adreani

Jean-Luc Verna

  • Image en mouvement

12.2016

Dans la cour d’un lycée niçois, un grand carton à dessins zébré noir et vert sous le bras, kilt, bijoux, rangers et yeux maquillés de khôl noir, Jean-Luc Verna dénote parmi nous autres, petits soldats dociles figés dans les codes des eighties... Trente-cinq ans plus tard, dans le hall d’accueil du Mac Val* qui lui consacre sa première monographie (dans une institution muséale en France), l’artiste qu’il est devenu fait toujours impression — corps musclé couvert de tatouages, piercings, lentilles de contact agrandissant les pupilles, dentier de métal —, mais sa nature profonde reste inchangée. Ses dessins ne sont plus rangés dans une pochette mais dans les plus grandes collections et musées du monde, ou forment comme ici une ligne (de vie ?) parcourant l’ensemble des murs de la salle transformée en « planète Verna » (éclairage crépusculaire, peinture noire pailletée...), où les étoiles sont reines. « Je voulais être danseur, mais on m’a dit très méchamment qu’avec le corps que j’avais, je n’arriverais à rien. Je me suis donc tourné vers le dessin. J’avais sept ou huit ans et le dessin s’est imposé comme un jeu solidaire pour me couper du monde dans lequel je vivais. » Dessin, corps, jeu : les fondements d’une vie et d’une carrière, qui ne forment qu’une même entité. « Je gère mon corps comme du dessin, je me suis toujours pensé comme une image en mouvement. » Par cette rétrospective réjouis-sante qui déploie « en noir et blanc, mais aussi en musique, toutes les variations de son art », Jean-Luc « souhaitait accomplir un “geste de déposition” comme pour marquer une envie d’entamer autre chose, après une longue carrière d’un quart de siècle », explique son commissaire Frank Lamy. On adhère.

 

« Vous n’êtes pas un peu beaucoup maquillé ? – Non. », jusqu’au 26 février 2017, place de la Libération, 94400 Vitry-sur-Seine. Ligne 7 arrêt terminus, puis bus 172 ou 180.