Evénements

 

 montresihh2017

 

SIHH 2017

  • En pleine mutation

03.2017

Exposants supplémentaires, prouesses techniques, lignes modernisées, matériaux inédits... Immersion dans les allées du SIHH qui a révélé, en janvier dernier, sa nouvelle formule.

 

La 27e édition du SIHH, qui s’est tenue du 16 au 20 janvier, a marqué un tournant. Non contente d’accueillir de nouveaux indépendants au Carré des Horlogers, la grand-messe de la haute horlogerie ouvrait, le temps d’une journée, ses portes au public. Cette formule inédite a entraîné avec elle un nouveau souffle... rafraîchissant ! Malgré les crises que traverse la planète, les marques interrogées par l’Agence télégraphique suisse (ATS) envisagent l’année 2017 avec sérénité.

 

Fouiller dans les archives
Les maisons anciennes le savent : leur patrimoine est une force. Ainsi, Jaeger-LeCoultre a ressorti de ses archives la ligne Master Control, créée en 1992, et renouvelée trois montres au charme vintage : la Master Control Date, la Master Chronograph et la Master Geographic. Chez Parmigiani, c’est la première montre dessinée par Michel Parmigiani, la Toric, qui réapparaît en or blanc ou rouge. Inspirés par les colonnes grecques, son design élégant et ses traits nerveux séduiront les puristes. Enfin, Audemars Piguet a épaté la galerie en rassemblant un joli florilège de ses montres à quantième perpétuel, prouvant que la manufacture n’a jamais cessé d’explorer la complication même pendant la crise du quartz. Cette balade dans le temps nous entraîne jusqu’à sa dernière pépite, une Royal Oak Calendrier Perpétuel en céramique noire. Si l’Indépendante peut s’enorgueillir de sa bonne santé, c’est qu’elle sait aussi miser sur ses collections iconiques – Royal Oak et Royal Oak Offshore – qui attisent la convoitise de tous les collectionneurs.

 

Icônes de la génération Y
Cette année, chez Audemars Piguet, le boîtier octogonal fait l’objet de plusieurs nouveautés. Pour célébrer les 40 ans de son modèle dame, la Royal Oak Frosted Gold s’offre une allure givrée grâce à une technique florentine séculaire de martelage d’or. Les femmes sont aussi à conquérir avec une ligne fortement identitaire chez Cartier. La maison remet au goût du jour son best-seller des années 80, la montre Panthère. Une madeleine de Proust pour les élégantes de la génération Y, qui ont grandi avec ce bijou porté au poignet de leur maman... De son côté, la manufacture IWC entend asseoir sa collection Da Vinci quand A. Lange & Söhne complète la famille de la Lange 1 Phases de Lune avec un nouveau mouvement. Enfin, Piaget célèbre en éclat sa mythique Altiplano qui souffle, en 2017, ses 60 bougies.

 

La montre de poche la plus compliquée du monde
Si le design est souvent au cœur des préoc­cupations, les horlogers n’en oublient pas pour autant la technique. Dans les vitrines du salon, certains garde-temps ont attiré les regards par leur complexité. Vacheron Constantin nous a éblouis avec la montre de poche la plus compliquée jamais réalisée au monde. La Référence 57260 ne compte pas moins de 57 complications... La manufacture fait aussi démonstration de sa maîtrise technique avec de nouveaux modèles astronomiques ou à son­nerie, qui agrandissent la prestigieuse famille des cabinotiers. Chez Montblanc, la ligne TimeWalker, inspirée de l’univers automobile, a fait l’unanimité. L’édition limitée à 18 pièces, le TimeWalker Chronograph 1000, permet de mesu­rer le temps écoulé au millième de seconde.

 

En quête de légèreté
L’univers automobile a toujours autant la cote. Richard Mille a présenté la montre née de son par­tenariat avec le constructeur de Formule 1, McLaren. La RM50-03 McLaren F1 a nécessité l’aide des chercheurs de l’université de Man­chester afin d’intégrer du graphène dans son boî­tier, créant un matériau inédit, le Graph TPT™, et le chronographe mécanique le plus léger du monde : 40 grammes ! Inventer de nouveaux matériaux fait partie des défis de la haute horlogerie. Challenger, l’Italien Panerai a développé un matériau composite exclusif à base de fibre de carbone. Habillée de Carbotech, la montre PANERAI LAB-ID™ – Luminor 1950 Carbotech™ 3 Days va encore plus loin ! Garanti 50 ans, son mouvement ne nécessite aucune lubrification. Non content de sceller un partenariat avec Pirelli, Roger Dubuis poursuit quant à lui sa conquête des « Premières Mondiales » avec la Excalibur Spider Carbon. Pour la première fois, ce garde-temps intègre un mouvement où la platine, les ponts et la partie supérieure de la cage de tourbillon sont réalisés en carbone ultra-light.

 

Le Carré des Horlogers
Cette volonté de se surpasser ne serait-elle pas finalement soufflée par l’approche sacerdotale des horlogers indépendants ? Pour la seconde année consécutive, le SIHH leur ouvrait ses portes. Dans cet espace, le marketing ne fait pas loi. Et pourtant, il ne fait aucun doute que ces treize passionnés écrivent les nouvelles pages de l’histoire horlogère. On les imagine ermites, le regard porté sur l’infiniment petit, dans leurs ateliers suisses. Le SIHH leur assure une visibilité exceptionnelle. La joyeuse bande de MB&F a présenté sa dernière pépite, la HM7 Aquapod, tandis que les alchimistes de HYT (The Hydro Mechanical Horologists), qui intègrent la méca­nique des fluides dans une montre de poche, dévoilaient la Skull Pocket. La manufacture H. Moser & Cie revendique 95 % de fabrication suisse pour sa Swiss Mad Watch, dont le boîtier se compose de fromage associé à un matériau composite innovant, l’itr2©. Quand le Finlandais Kari Voutilain réinvente l’affichage de l’heure avec sa montre Vingt-8 ISO, Peter Speake-Marin dévoile sa nouvelle Brown Serpent Calendar en présence de son ambassadeur, l’acteur Pierce Brosnan. Pour conclure, citons le génial Christophe Claret qui enrichit sa collection Maestro : « En horlogerie, tout a été fait, tout reste à faire. »