Evénements

 
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 * Jack Lang cumule la fonction de président du haut conseil (chargé de la programmation) et celle de président du conseil d’administration (les finances).

Jack Lang


09.2016

Emblématique ministre de la Culture, Jack Lang préside aujourd’hui l’Institut du monde arabe (IMA)*, où il a su créer une nouvelle dynamique tout en imposant son style.

 

Dialogue
« Accepter le poste de président de l’IMA (en janvier 2013, NDLR) a constitué un véritable défi. Il a d’abord fallu redonner de la confiance à l’intérieur de la maison qui connaissait une période financière compliquée. Combler les déficits, certes, mais aussi remédier à sa perte de prestige, à sa baisse de fréquentation, et lui rendre sa pleine vitalité. Et puis surtout renouer avec la vocation première du musée, qui est de faire connaître – ou mieux connaître – l’apport du monde arabe à la civilisation universelle, ainsi que promouvoir le dialogue entre l’Orient et l’Occident. »

 

Financement
« À la création de l’établissement (inauguré en 1987, NDLR), il était question d’un financement commun entre la France et les pays arabes, mais certains d’entre eux n’ayant pas honoré leur engagement, l’institut a été plongé dans un déficit colossal. Depuis, les dettes ont été réglées et les cotisations annuelles de la Ligue arabe dans le budget fonctionnel de l’IMA, abandonnées. Les contributions financières que nous recevons constituent un fonds de dotation, s’élevant actuellement à 60 millions d’euros. L’IMA est une fondation placée sous l’égide du Quai d’Orsay, financée majoritairement par l’État français et des ressources propres. Mon combat consiste à trouver continuellement de nouvelles sources de financement extérieur, auprès des entreprises et des grands donateurs. »

 

Diversité
« Je suis né à une époque où le colonialisme français était encore très prégnant, avec les guerres d’Indochine et d’Algérie, l’éviction du sultan du Maroc... Très tôt, j’ai milité contre les guerres coloniales, sans appartenir à aucun parti politique. Ce qui m’a offert l’opportunité de nouer des liens étroits avec des pays et de nombreuses personnalités. Étant enseignant de formation, j’ai également eu la chance de côtoyer, à Alger ou au Maroc, beaucoup d’étudiants de divers horizons. Cette diversité est primordiale, elle nous enrichit. J’y accorde une importance toute particulière. »

 

Jardins d’Orient
« La grande exposition que nous proposons jusqu’au 25 septembre raconte l’extraordinaire histoire des jardins d’Orient, commencée il y a 10 000 ans, en Mésopotamie. À l’intérieur, le parcours déploie 300 œuvres prêtées par de grands musées internationaux ou des collections privées. Culture, histoire, technique, environnement, société, l’art des jardins est traité ici sous tous ses aspects, le jardin oriental comme symbole du paradis, bien sûr, mais aussi ses nombreux liens tissés au fil des siècles avec les jardins d’Occident... Sur le parvis, le paysagiste Michel Péna a, quant à lui, livré une interprétation contemporaine du jardin oriental, créant une oasis de verdure exceptionnelle de 2 000 m2 composée de 10 000 plantes, oliviers, orangers, rosiers, etc. »

 

Projets
« Dès le 13 septembre, nous présenterons une exposition sur une artiste américano-libanaise, Etel Adnan, qui est à la fois peintre et poète. En novembre, en collaboration avec le MuCEM de Marseille, nous proposerons aux visiteurs de revivre les grandes épopées arabes sur les mers, de Sinbad à Marco Polo. Nous y dévoilerons de nombreuses œuvres évoquant l’Empire perse mais aussi les conquêtes d’Alexandre le Grand, qui a joué un rôle important dans la fondation des peuples méditerranéens actuels. Pour le printemps 2017, nous préparons une exposition très originale et novatrice consacrée au monde arabe et à l’Afrique, de Tombouctou à Zanzibar, mais je ne peux rien vous dévoiler encore de précis... »

 

Culture
« Toute culture est potentiellement en danger, et pas seulement la culture arabe. En Syrie, on dénombre 250 000 morts, la destruction d’Alep et d’une partie de Palmyre... Le premier rôle de l’IMA est de s’insurger contre de telles horreurs. Mais bien au-delà des monuments, ce sont les pertes humaines qui sont le plus à déplorer. Nous avons organisé des conférences en ce sens, faisant venir des spécialistes pour en débattre et tenter de trouver des pistes pour rétablir la paix des peuples. Tout cela ne fait que renforcer notre volonté d’agir afin de favoriser les échanges culturels, la communication et la coopération entre la France et le monde arabe. »