METTEZ-VOUS AU VERT!

 
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Mode éthique : les bons élèves


10.2014

Une étude récente de Greenpeace a déploré la mauvaise conduite des maisons de mode vis-à-vis de la planète. Certains noms se démarquent toutefois par leur engagement en faveur de l’environnement. Distribuons les bons points !



Parmi les créateurs éco-friendly, un nom nous vient très vite à l’esprit : Stella McCartney. La fille de Sir Paul est un exemple dans le domaine. Depuis le lancement de sa marque en 2001, cette végétarienne n’utilise ni cuir, ni fourrure. Parmi les pièces phares, les lunettes de soleil sont fabriquées dans des matériaux d’origine naturelle comme les graines de ricin ou l’acide citrique. Depuis l’automne 2010, les chaussures se parent de semelles biodégradables conçues à partir du bioplastique APINAT. Une fois versées dans un compost mûr, elles se décomposeront naturellement. Aujourd’hui, la créatrice est partenaire de The Nature Conservancy et Ovis XXI. Cet automne, une nouvelle laine luxueuse durable en provenance de Patagonie est lancée pour soutenir la restauration et la conservation du territoire.

 

Mention très bien pour Stella McCartney
Plus aucune raison de culpabiliser en s’offrant une pièce de sa garde-robe chic et urbaine. Stella McCartney a tout bon ! L’énergie utilisée dans ses boutiques, bureaux et studios au Royaume-Uni provient de l’énergie éolienne fournie par Ecotricity. Recyclage, économies d’énergie et matières naturelles. Sa compatriote Vivienne Westwood est de la partie. Quand elle ne crée pas des T-shirts à message militant, la plus délurée des créatrices british se joint à Greenpeace. Récemment, elle s’est impliquée dans la campagne « Save the Arctic ». À bord de l’emblématique navire Esperanza, elle a exploré l’Arctique, l’un des derniers endroits préservés de la planète pour témoigner du changement climatique. Cette visite fera d’ailleurs partie d’un film documentaire, réalisé par Lorna Tucker, qui sortira en 2015. Ces attitudes remarquables semblent avoir inspiré Louis Vuitton. C’est un véritable plan d’action qu’a établi la maison française pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Dans ses ateliers comme dans ses boutiques, tout est mis en œuvre pour préserver l’environnement. Rechercher de nouvelles solutions d’écologie industrielle, développer de nouvelles installations d’énergie renouvelable, sensibiliser ses collaborateurs ou réduire le volume des emballages, autant de pistes creusées par le géant de la maroquinerie…

 

Totale transparence
Après avoir parcouru le monde et notamment le Sud de l’Inde, Bruno Pieters a eu l’idée de fonder en 2012 son label Honest by. Le leitmotiv ? Transparence totale sur la provenance et le coût des modèles. Sur son site www.honestby.com, il nous invite à consommer différemment de manière responsable. On peut filtrer les articles selon des catégories précises : « européen », « recyclé », « organique »... Le vestiaire du quotidien, imaginé par le créateur belge et ses invités, se bâtit dans des étoffes majoritairement naturelles, recyclées ou végétaliennes. Chaque pièce est munie d’une fiche technique qui détaille l’ensemble de ses composants, le mode de fabrication, le coût de revient et même des conseils de lavage dans le respect de l’environnement. La marque s’engage également à reverser 20 % des bénéfices à une association caritative. Un autre Belge, Martin Margiela s’est révélée visionnaire. À l’heure où il devient courant de chiner dans les brocantes pour offrir une seconde vie à des vêtements, la récupération fait partie de l’ADN de la griffe. Présentée pendant la Semaine de la haute couture, la ligne artisanale, portant le numéro 0 dans la nomenclature maison, dessine une garde-robe pointue à partir de matériaux recyclés. La collection automne-hiver 2014-15 ne déroge pas à la règle. L’allure bohemian chic se réalise en chutes de tissus, échantillons de broderies, pièces de monnaie, capsules de bouteilles, patchworks de cachemire… Rien ne se perd. Tout se transforme. De son côté, Valentine Gauthier imagine un vestiaire citadin à partir de matières choisies pour leur valeur naturelle, travaillées dans le pays producteur. Baby alpaga ou coton-prima en Amérique du Sud, soie, peaux lainées ou cuir en France.

 

Protéger la forêt
Franco-brésilienne, la créatrice Anne Fontaine a grandi à Rio de Janeiro. Adolescente, elle a parcouru la forêt amazonienne et atlantique. Pendant six mois, elle a partagé la vie des Indiens Canela. Ses souvenirs la lient intimement à la nature. Basé à Honfleur, le siège de sa société s’est mis « au vert ». Ainsi, des capteurs ont été installés afin de diminuer l’utilisation de lampes quand la lumière naturelle suffit, des sèche-mains ont remplacé les serviettes en papier et l’utilisation du plastique a été réduite en faveur du recyclage. En 2011, elle a inauguré la Fondation Anne Fontaine. Cette association caritative a pour objectif de restaurer la forêt au Brésil. Parmi les initiatives, l’EcoBag est un sac recyclable réalisé à partir de bouteilles en plastique recyclées. Il participe au financement de projets de reforestation. On joint l’utilise à l’agréable : s’offrir un sac trendy pour diminuer la consommation de sacs plastiques. Depuis 2004, Gucci revendique aussi un style durable. En 2010, la société a obtenu la certification environnementale ISO 14001. Plus récemment, la griffe a proposé des chaussures à semelle écologique et s’est associée à la Fédération Nationale de la Faune et de la Flore et au projet Green Carpet Challenge. De cette rencontre est née la ligne « Gucci for the Green Carpet Challenge ». De fabrication artisanale en cuir d’Amazonie, cette collection de sacs garantissait zéro déforestation. On dit bravo !

 


Par Julie de los Rios