DESIGN

 
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Tom Dixon

  • Un designer vertébral

10.2014

CRÉATEUR DE L’ANNÉE AU SALON MAISON & OBJET, LE BRITANNIQUE EST UNE FIGURE MAJEURE DU DESIGN CONTEMPORAIN. PORTRAIT D’UN INCLASSABLE.



Objets, meubles, salon de thé, showroom, restaurant, hôtel ou encore collection capsule pour Adidas… Bienvenue dans ’univers tous azimuts – voire azimuté – de Tom Dixon. À 59 ans,le créateur britannique s’est taillé une place à part sur la scène internationale. Une sorte d’ovni inclassable et touche-à-tout. Rebelle ? Normal, pour quelqu’un qui a commencé sa carrière sur un rif rock ! « J’ai arrêté ma formation au Chelsea School of Art pour me lancer dans une carrière de guitariste bassiste. » Il a 20 ans et son groupe Funkapolitan fait les premières parties de formations mythiques comme The Clash ou Simple Minds. Mais tout s’arrête brutalement, suite à un accident de moto qui l’empêchera de participer aux tournées. Bricoleur dans l’âme, il explore alors plus loin cette voie en se formant à la soudure. Et c’est une révélation ! « Ce fut l’occasion pour moi de commencer une série d’expériences radicales de forme et de matière. »

 

LA FORME SUIT LA FONCTION
C’est ce travail qui le rendra célèbre dès le début dans les années 80 où on le décrira comme un « designer autodidacte talentueux, créateur d’une ligne de mobilier en métal de récupération soudé ». La in de cette même décennie marquera son entrée déinitive dans la légende avec S-Chair, dessinée pour Cappellini, une simple structure en tube d’acier recouverte d’osier. « Je suis obsédé par la démarche : comment on crée les objets et de quoi ils sont faits. Je pense très rarement à la forme inale avant de commencer. Je suis toujours à la recherche des possibilités des matériaux, le potentiel de fabrication et la structure. Ce qui signiie que je suis un designer vertébral, plutôt qu’un invertébré ! » Les années 90 seront, elles, marquées par « Jack », un tabouret lumineux empilable, fabriqué en polypropylène, nouveau matériau à l’époque. À la base de son travail, une vision très personnelle du design : « J’essaie de comprendre où l’objet sera utilisé tout en m’assurant de ne pas créer quelque chose qui existe déjà. Je cherche à améliorer l’existant, apporter une meilleure fonctionnalité ou proposer une invention qui s’inscrit dans un changement de vie. »

 

SES CRÉATIONS S’EXPOSENT DANS LES MUSÉES
En 2001, il reçoit pour son travail le titre d’oicier de l’Ordre de l’Empire, remis par Sa Majesté la reine d’Angleterre et sera nommé plus tard docteur de l’University of the Arts London. Il enchaîne les prix internationaux et ses créations intègrent les collections permanentes d’institutions, telles que le Victoria & Albert Museum, les musées d’Art moderne de New York et Tokyo et le Centre Georges Pompidou. Mais s’il mul tiplie les interventions – il devrait participer prochaine ment à « La Jeune Rue », projet qui vise à transformer une partie du 3e arrondissement de Paris en hub arty et gastronomique – sa marque de fabrique reste le lumi naire. Il en a créé des dizaines et des dizaines. Des icônes comme Mirror Ball, Copper Shade ou Beat Light. Une obsession ? Non, plutôt un terrain de jeu qui correspond à un homme en perpétuelle recherche. « C’est un territoire qui est toujours en constante innovation technique et qui permet de pousser plus loin la modernité. Dans ce domaine, le public est beaucoup ouvert à de nouvelles esthétiques. Donc, ce sont pour moi à chaque fois de nouveaux challenges ! »

 


Par Alexandre Benoist