LES PETS

 
 du poile de labete
 

La Ronronthérapie

  • Pour reprendre du poil de la bête !

03.2015

Le matou plus efficace que les médicaments ? L'idée peut faire sourire... et pourtant ! Le ronronnement aurait bien une influence sur notre moral. Stressés, anxieux ou insomniaques, testez ses vertus !

 

« Tout a commencé en 2002 alors que je faisais des recherches pour Effervesciences, une revue scientifique que je dirige sur le Net, explique le vétérinaire Jean-Yves Gauchet que l'on présente comme le père de la ronronthérapie en France. Je suis tombé sur une étude d'Animal Voice, une association sur la communication animale, qui avait décelé qu'après des lésions ou des fractures les chats avaient cinq fois moins de séquelles que les chiens et retrouvaient la forme trois fois plus vite. J'ai alors émis l'hypothèse d'une action réparatrice du ronronnement. » Il publie aussitôt son article et propose aux lecteurs de tester ces vertus grâce à des enregistrements sonores. Résultat : 80 % des volontaires ont ressenti du bien-être, de la sérénité et une plus grande facilité à s'endormir. Les médias s'emparent alors du concept qu'ils rebaptisent aussitôt « ronronthérapie ».

 

Le « ronron » et ses mystères
Dans son ouvrage Mon chat et moi on se soigne, Jean-Yves Gauchet explique que la plupart des félins ronronnent, depuis le chat domestique jusqu'au lion, pour traduire une demande ou une émotion intense. Si plusieurs études ont été menées sur les origines du ronronnement, bizarrement on n'en connaît toujours pas le mécanisme. Selon lui, « quand l'organisme lutte contre des situations pénibles, le chat émet des vibrations sonores apaisantes et bienfaisantes, un peu comme la musique. Il y a d'abord le son que l'on entend. Une mélodie qui joue le rôle de la madeleine de Proust et nous remet en situation de sécurité et de sérénité qui nous rappelle notre enfance. Puis, le son sous sa forme vibratoire va être perçu par nos corpuscules de Pacini (récepteurs sensoriels situés dans l'épiderme) qui vont envoyer au cerveau une information simple – qui dit vibration dit douceur donc émotion – entraînant la sécrétion d'endorphine, l'hormone du plaisir. » Mais ces effets vont bien au-delà de la relaxation. Des études ont montré qu'un chat ronronne dans un spectre auditif situé entre 25 et 50 Hz. Utilisées par les kinésithérapeutes pour accélérer la guérison osseuse et musculaire, ces basses fréquences entraînent également la production de sérotonine, un neurotransmetteur aux effets calmants avérés.

 

Une séance au poil !
Pour bien réussir votre thérapie, vous devez être sur la même longueur d'onde que votre chat, à un moment où la confiance réciproque est absolue. Installé sur un canapé, prenez-le sur les cuisses, la tête contre votre abdomen. Comme le ronron s'entend autant qu'il se ressent, il est préférable de porter des vêtements fins et souples, dans lesquels vous êtes à l'aise. Comme le note Jean-Yves Gauchet, une séance peut se dérouler en trois temps : « Au début, on recherchera une relaxation musculaire, ensuite on visera une détente psychique et, enfin, on tentera d'atteindre un lâcher-prise total qui ne se manifeste que lorsque notre esprit estime qu'il est en parfaite sécurité. » Que les allergiques se rassurent, on obtient de très bons résultats grâce aux séances enregistrées !